La CNIL se montre méfiante à l’égard des enceintes connectées

Alors qu’enceintes connectées et autres assistants personnels sont probablement parmi les produits qui ont le plus fait parler d’eux en cette année 2017, voilà que le Google Home, l’Amazon écho, et leurs petits camarades de jeu sont pointés du doigt depuis quelques jours par la CNIL.

La Commission nationale de l’informatique et des libertés vient en effet de publier un guide sur son site officiel. Ce denier a notamment pour but de sensibiliser les utilisateurs de ces appareils aux risques qu’ils représentent pour de leur vie privée. Comme le rappelle adroitement l’organisme : « Chaque utilisateur doit intégrer que même si ‘la parole s’envole’, ses requêtes vocales sont enregistrées dans le cloud, de la même manière qu’elles le seraient s’il les tapait au clavier dans certains moteurs de recherche ! ».

La CNIL a mis en ligne un guide visant à mettre en garde les détenteurs d’enceintes connectées sur les risques que ces appareils présentent pour leur vie privée.

La CNIL pointe ici que sous ses airs ludiques et innocents, un assistant personnel n’en est pas moins une redoutable machine à data, tout aussi néfaste pour la vie privée de ses utilisateurs qu’un smartphone – s’il n’est – toutefois – pas configuré et utilisé correctement. C’est d’ailleurs, selon la CNIL, un usage modéré et raisonné de ces appareils qu’il faudrait privilégier.

Avec un assistant personnel à la maison, les murs ont des oreilles…

Si les données personnelles recueillies au sein du foyer ont effectivement pour vocation d’améliorer le service et la pertinence de l’IA qu’embarquent les enceintes connectées, l’organisme rappelle cependant que ces fameuses données n’en sont pas moins exploitées par les constructeurs de ces appareils à des fins mercantiles. Histoire de bien faire passer cette notion, la CNIL a notamment recours à un paragraphe entier, insistant sur l’idée de « monétisation de l’intime ».

De quoi éveiller les consciences, d’autant que l’institut ne s’arrête pas là et rappelle également que « Sans écran, [il est] difficile d’avoir un aperçu des traces enregistrées [ou] de juger de la pertinence des suggestions, [en clair] d’en savoir plus ».

Pour pallier à cette absence d’écran il est donc conseillé de se « rendre régulièrement sur le tableau de bord pour supprimer l’historique des conversations/questions posées et personnaliser l’outil selon [ses propres] besoins » ; mais aussi de garder à l’esprit que le micro de l’appareil est toujours à l’écoute de ce qui se passe dans son environnement immédiat.

L’institut recommande donc de couper le micro des enceintes connectées quand elles ne sont pas utilisées, mais aussi de surveiller de près l’usage que les enfants ont de ce type d’appareil. Avertir ses invités de la présence d’un assistant personnel dans la maison est également suggéré par la CNIL.

Bref, pour l’organisme, méfiance et mesure sont de mise…