Le Cold Spot prouve-t-il l’existence d’univers parallèles ?

Le Cold Spot a été découvert un peu par hasard en 2004. Depuis, il fascine les astronomes et il a ainsi fait l’objet de nombreuses études poussées. L’Université de Durham vient d’ailleurs de publier un nouvel article scientifique, signé de la main de deux de ses chercheurs. Il n’est pas franchement passé inaperçu dans la communauté scientifique.

Si ce terme ne vous est pas familier, alors sachez que le Cold Spot fait référence à une zone de l’Univers située entre six et dix milliards d’années-lumière de notre propre position.

Sliders

Les scénaristes de Sliders n’étaient peut-être pas à côté de leurs pompes finalement.

Extrêmement large, elle s’étend sur un peu plus d’un milliard d’années-lumière et elle présente une caractéristique insolite : sa température.

Le Cold Spot, un coin pas tout à fait comme les autres

Comme son nom le laisse augurer, cette région est plus froide que toute la partie de l’Univers bordant la zone. En étudiant ce point à l’aide de leurs instruments, les chercheurs ont ainsi déterminé que la température présente à cet endroit était 0,00015 degré Celsius en dessous des zones situées autour de lui.

En conséquence, le Cold Spot ne correspond pas aux modèles cosmologiques standards et de nombreux chercheurs ont ainsi tenté de résoudre l’énigme et de trouver une explication rationnelle à cette différence de température. La thèse la plus communément admise repose sur la présence dans la zone d’un immense vide intersidéral.

Toutefois, Ruari Mackenzie et Tom Shanks ne partagent pas cet avis. Après avoir longuement étudié le Cold Spot, les deux chercheurs de l’Université de Durham ont ainsi développé une théorie un peu différente.

À la base, ils pensaient en effet que cette différence de température s’expliquait par la présence d’une multitude de zones vides entourées d’amas de galaxies, des zones relativement proches dans leur structure des bulles de savon. C’était en tout cas leur hypothèse de départ.

Or justement, en poussant plus loin leurs investigations, les deux scientifiques ont réalisé que ces vides intersidéraux ne pouvaient pas être expliqués par la cosmologie standard. Pas pour le moment et pas à notre niveau de connaissance.

Ils ont donc développé une autre théorie, encore plus fascinante.

Le Cold Spot comme preuve de l’existence du multivers ?

Les deux chercheurs pensent en effet que le Cold Spot serait né d’une collision, une collision entre notre Univers et… une autre bulle d’univers. Certains d’entre vous l’auront sans doute compris, mais cette explication fait bien évidemment allusion à l’hypothèse des multivers.

Anaximandre a été le premier à évoquer la possible existence de plusieurs univers similaires au nôtre et cette idée a ensuite été reprise au quinzième siècle par Nicolas de Cues puis par Giordano Bruno, avec quelques variantes. Hugh Everett, Einstein et Schrödinger se sont eux aussi passionnés pour la question, mais personne n’a encore été en mesure de prouver leur existence.

Nos deux chercheurs pensent donc que le Cold Spot pourrait d’une certaine manière prouver l’existence du multivers. Toutefois, ils précisent aussi dans leur étude qu’il est pour le moment impossible de s’en assurer. En revanche, ils invitent leurs collègues à procéder à de nouvelles analyses plus poussées et plus détaillées du fond cosmique de micro-ondes. Ils pensent en effet que la clé de l’énigme pourrait se trouver ici.

Si le sujet vous intéresse, l’article des deux astronomes est disponible en accès libre à cette adresse, avec tous les détails techniques.

Cold Spot