Le créateur de Gears of War estime que la VR n’est pas bien mise en avant

Cliff Bleszinki, principalement connu en dehors de sa famille pour avoir lancé la franchise Gears of War, se dit aujourd’hui tout aussi intéressé par la réalité virtuelle que craintif d’une technologie encore peu implantée, et déplore au passage une offre semblant essentiellement constituée de shovelwares.

Celui qui a monté en 2014 le studio Boss Key Productions avec Arjan Brussee, lui-même cofondateur de Guerrilla Games (coucou Horizon Zero Dawn), dit avoir « quelques idées en tête » pour un ou plusieurs titres VR, une technologie qui apparaît par ailleurs « très chère » à son cœur. D’où son désir d’une adoption plus massive de tous ces casques pour donner une chance à son futur bébé de bénéficier de la meilleure attention possible.

PSVR

Le casque de réalité virtuelle de Sony se vend bien et devrait bientôt franchir la barre du million d’unités écoulées.

C’est dans un entretien accordé à GameSpot que Cliff Bleszinski a décrit la situation de la VR telle qu’elle lui semble apparaître. En plus du problème d’un parc installé encore trop réduit (le grand public ne serait pas encore atteignable), le quadragénaire soulève la question de coûts particulièrement élevés pour les développeurs alors que la qualité actuellement délivrée n’est pas vraiment à la hauteur des attentes.

Cliff Bleszinski : la VR n’a actuellement « pas beaucoup de vrais jeux »

Et de prendre pour exemple le PS VR de Sony : « Sony a un casque génial, mais encore trop massif, et se posent la question du prix et le fait qu’il y a actuellement beaucoup de shovelwares en VR [NDLR : pour faire court, on pourrait dire qu’un shovelware est un logiciel que vous ne seriez pas prêts à lancer même gratuitement, ça ne vous donne certes pas l’origine du terme, mais vous avez certainement pas mal d’exemples en tête maintenant]. Beaucoup de jeux pourris faits sous Unity pour se dire ‘Oh regarde, je lance une boîte’. C’est formidable, non ? Il n’y a pas beaucoup de vrais jeux à proprement parler, et c’est l’impasse pour ceux qui font de la VR et qui sont en quête de financement. On ne peut pas faire un jeu vraiment très profond pour un million de dollars. Alors il faut y mettre le prix. »

Et si l’on se posait la question de savoir en quoi Cliff Bleszinski considère qu’un titre en réalité virtuelle est bon, le sieur évoque le Robo Recall d’Epic Games annoncé il y a quelques semaines lors de la Games Developer Conference de San Francisco :

« Oui, c’est un shoot par vagues, mais bon Dieu que ça a l’air bon. Le maniement est parfait et ils ont vraiment fait un truc brillant. C’est ce qu’on a besoin de voir, en opposition aux titres qui misent sur l’effet ‘montagnes russes’. Il y a aussi les jeux à sursaut prisés des YouTubeurs. Alors oui, il reste du chemin à faire, mais il y a bien encore six choses qui empêchent la VR de vraiment exploser de manière positive ».

Est-ce à dire que, LawBreakers, un shooter sur lequel travaille en ce moment Boss Key Productions, n’intègrera pas de comptabilité VR, ou peut-être que si, faut voir ? En voilà une question qu’elle est bonne.

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