Le manque de sommeil, ce n’est pas bon pour l’ADN

Il est scientifiquement reconnu que le manque de sommeil affecte directement la santé. De nombreuses études ont montré que mal dormir peut provoquer une baisse de la concentration, des troubles de l’humeur, des accidents, de la démotivation, une incapacité à prendre les bonnes décisions, un affaiblissement du système immunitaire, une dépression, de l’hypertension artérielle, des problèmes cardiovasculaires, un surpoids et même des cancers.

Dernièrement, dans une nouvelle étude réalisée sur quarante-neuf médecins, des chercheurs hongkongais viennent de démontrer que le manque de sommeil endommage également l’ADN et ralentit son processus de réparation. Les scientifiques ont aussi constaté qu’une seule nuit sans sommeil provoque des cassures de l’ADN.

Dormir

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Pourtant, le manque de sommeil constitue un problème de santé publique un peu partout dans le monde. Les détails sur les résultats de l’étude ont été publiés le 23 janvier 2019 dans Anesthesia.

Les médecins qui travaillent la nuit présentaient des cassures dans leur ADN

L’expérience a duré quatre mois. Les médecins qui y ont participé étaient tous en bonne santé. Chaque jour, les chercheurs ont prélevé un échantillon de sang de chaque participant. Chacun des volontaires a également été invité à tenir un journal où il devait écrire des informations sur son mode de vie, son état de santé ou encore ses habitudes de travail.

En outre, les quarante-neuf professionnels de la santé ont été divisés en deux groupes. Le premier rassemblait ceux qui n’avaient pas d’obligation de travailler la nuit et le second était composé de ceux qui avaient trois nuits de travail par mois.

L’étude a révélé que les médecins appartenant au deuxième groupe présentaient des cassures dans leur ADN.

Une seule nuit de privation de sommeil peut déclencher une maladie chronique

Par ailleurs, d’après le Dr Siu-Wai Choi, principal auteur de l’article et chercheur à l’Université de Washington-Hong Kong, « bien que ce travail soit très préliminaire, il ressort clairement des résultats que même une seule nuit de privation de sommeil peut déclencher des événements susceptibles de contribuer au développement d’une maladie chronique ».

« Les anesthésistes (et autres professionnels de la santé) travaillent fréquemment la nuit et sur appel, et leurs habitudes de travail changent fréquemment entre le travail de nuit et le travail de jour », a rappelé le Dr Klein, rédacteur en chef du journal. « Cette étude est importante, car elle permettra aux futurs chercheurs d’étudier l’impact de la modification de notre façon de travailler. »