Le mystère des ruines de Loropéni au Burkina Faso

Le Burkina Faso est un pays enclavé en Afrique de l’Ouest qui borde six autres pays, dont le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali, le Niger et le Togo. Le Burkina Faso, comme beaucoup de pays africains, regorge de sites qui sont des patrimoines culturels. Les ruines de Loropeni ont été le premier site du Burkina Faso à être inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2009.

Le site est un repère culturel dans le pays et représente l’ancienne affluence des royaumes médiévaux pendant le commerce transsaharien.

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Origine des ruines de Loropeni

Les ruines, qui s’étendent sur 11 130 mètres carrés, consistent en de majestueuses murailles de pierre s’élevant à près de 6 mètres et entourant un ancien site d’habitation abandonné. Les ruines ont été habitées par les peuples Koulango ou Lohron dès le 11ème siècle. Les ruines de Loropeni sont les mieux conservées dans la région de Lobi, qui compte au total dix de ces forteresses. Elles datent d’au moins 1000 ans.

La forteresse est similaire à d’autres forteresses abandonnées qui ont prospéré pendant le commerce transsaharien de l’or. La citée de Loropeni aurait été vitale pendant le commerce, en particulier entre les 14e et 17e siècles, où elle était la plus importante. Les ruines reflètent d’autres cités médiévales d’Afrique de l’Ouest qui ont joué un rôle primordial dans le commerce transsaharien. La forteresse a été abandonnée au 19ème siècle en raison des raids d’esclaves.

Loropéni, étant donné sa taille et sa portée, reflète un type de structure assez différent des villes fortifiées de ce qui est aujourd’hui le Nigéria, ou des villes du cours supérieur du fleuve Niger qui ont prospéré au sein des empires du Ghana, du Mali et du Songhaï. Il peut ainsi être considéré comme un témoignage exceptionnel de l’héritage du commerce de l’or.

Menaces et problèmes de conservation

Les ruines de Loropeni sont affectées par les conditions environnementales. L’augmentation du volume des précipitations, les vents violents et les températures élevées sont les principales menaces pour la durabilité de la préservation des ruines. Les activités des rongeurs sur les murs ont aussi conduit à l’affaiblissement de la fondation des murs à certains endroits. Les incendies, particulièrement pendant les saisons sèches, ont également causé certains dommages aux ruines. Les faiblesses structurelles provoquent aussi l’effondrement des murs.

Mais les artisans qualifiés des communautés environnantes contribuent aux efforts de conservation des ruines. Il faut dire que les ruines de Loropeni ont une importance spirituelle pour les communautés voisines, et elles sont donc activement impliquées dans leur préservation.

Les ruines de Loropeni ont été répertoriées sur une liste de surveillance en 2008 au nombre des sites du patrimoine mondial nécessitant des politiques de gestion de conservation plus intensives par le gouvernement en partenariat avec les agences culturelles. Grâce aux efforts consentis, les ruines de Loropeni restent un site patrimonial bien préservé au Burkina Faso. Actuellement, elles sont entourées de 271 hectares d’une zone tampon visant à contrôler l’empiétement et protéger le site des activités telles que l’agriculture et l’exploitation en carrière.

Un site touristique précieux

Les ruines de Loropeni sont un symbole du lucratif commerce de l’or transsaharien et de la richesse qui y est associée. Les ruines ont persisté pendant environ 1000 ans et restent intactes à 80%, ce qui témoigne d’une forte fortification. Elles sont la preuve que les habitants étaient bien qualifiés dans l’architecture médiévale, ce qui a permis aux ruines de se démarquer des autres anciennes structures fortifiées dans la région.

Les ruines, étant le seul site du patrimoine mondial dans le pays, sont une destination touristique majeure au Burkina Faso. Le tourisme dans les ruines a facilité la croissance de la ville voisine de Loropeni. Les ruines offrent le meilleur exemple de forteresses similaires dispersées en Afrique de l’Ouest avant le commerce des esclaves et la colonisation. Ils sont un témoignage vivant de l’organisation telle qu’elle était dans l’Afrique médiévale.

Pour l’instant, on ne sait pas grand-chose à propos du site, mais peut-être que des missions archéologiques dans un avenir proche nous donneront un meilleur aperçu des circonstances entourant les ruines de Loropéni.

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