Le plus vieil homo sapiens est âgé de trois cent mille ans

Depuis trente ans, les archéologues et les historiens ont admis que le premier homo sapiens date de deux cent mille ans. Cependant, une récente découverte vient d’infirmer cette théorie. Apparemment, les premiers hommes existaient depuis trois cent mille ans. C’est ce qu’ont révélé les fouilles effectuées sur site de Jebel Irhoud au Maroc. Ces hommes primitifs auraient été attirés par le généreux climat du « Sahara vert ».

Le mérite de la découverte revient à une équipe de chercheurs internationaux. Celle-ci a été menée par Jean-Jacques Hublin, professeur invité de la chaire internationale de paléoanthropologie au Collège de France. Dans cette fonction, il a été aidé par Abdelouahed ben-Ncer, de l’Institut national d’Archéologie et du Patrimoine (INSAP).

Les résultats de l’analyse des fossiles découverts sont disponibles dans deux articles publiés dans la revue Nature le jeudi hui juin 2017.

Un phénomène plus ancien

« Notre idée est qu’en fait, l’émergence de l’homme moderne est plus ancienne encore, et qu’il s’agit d’un phénomène panafricain. » ont avancé les chercheurs. « Il est probable que les premiers représentants de notre espèce avaient une distribution panafricaine, et que celle-ci est intervenue il y a moins de 500 000 ans. » ont-ils ajouté.

« La première carte révèle aussi la présence dans de nombreux sites africains datant de 300 000 à 130 000 ans, d’outils de pierre taillée dits du « Middle Stone Age » ou « levallois ». » a rapporté Pr Jean-Jacques Hublin. Il s’agirait notamment d’outils « petits, pointus et façonnés pour la chasse, notamment à la gazelle », d’après l’archéologue Shannon McPherron, de l’Institut Max-Planck.

Nous évoluons encore

« On peut donc imaginer des connexions entre groupes humains, qui échangent des gènes par métissage, et des éléments culturels. » a poursuivi le meneur des fouilles. Par ailleurs, les chercheurs ont souligné que cette découverte implique un scénario évolutif complexe de notre humanité qui englobe l’ensemble du continent africain.

En outre, le volume de la boîte crânienne de ces premiers hommes serait similaire à celui de l’homme actuel. « Leur visage n’était pas différent de celui de n’importe qui dans le métro. » a noté le directeur de l’équipe avant de conclure que « L’évolution ne s’arrête pas, nous évoluons encore. »