Le Revenge Porn sera désormais passible de 2 ans de prison

Le Revenge Porn fait des milliers de victimes chaque année et les députés français sont bien décidés à tout mettre en oeuvre pour limiter les dégâts et pour renverser la tendance. Ils viennent ainsi de voter un amendement au projet de loi sur le numérique, un amendement qui prévoit une peine de deux ans de prison et de 60 000 € d’amende pour toutes les personnes partageant ce genre de contenus sur le web.

Ce phénomène n’est pas aussi nouveau qu’on le pense puisqu’il trouve ses origines dans le début des années 80. Hustler a effectivement initié le mouvement en lançant une rubrique mensuelle présentant des images de femmes nues, des images fournies par les lecteurs du magazine.

Revenge Porn France

Les députés français ont une dent contre le Revenge Porn eux aussi.

Le problème, c’est que les personnes présentes sur ces photographies n’avaient pas toutes donné leur accord et Hustler a du faire face à de nombreux procès dans les années qui ont suivi.

Le Revenge Porn est né dans les années 80

Quelques années plus tard, ces contenus ont commencé à réapparaître, sur la toile cette fois. Plusieurs personnes ont effectivement lancé des newsgroups dédiés à la chose mais ils étaient réservés aux initiés et ils n’étaient donc pas accessibles pour le grand public.

Et puis, en 2010, un certain Hunter Moore s’est mis en tête de lancer un site de Revenge Porn, Is Anyone Up. Il jouait la carte du collaboratif et chaque internaute pouvait soumettre les photos et les vidéos de son choix en quelques clics.

Pire, il était même possible de remplir une fiche détaillée indiquant le nom des personnes présentes sur les images ainsi que leur adresse postale ou même leurs différents profils sociaux.

Le site a causé de lourds dégâts mais il a aussi attiré l’attention des autorités et des associations. Les Etats-Unis ont alors commencé à partir en guerre contre ces contenus et ils ont été rapidement suivis par les plus grands acteurs du web et notamment par Reddit, Facebook, Twitter, Google ou même Microsoft.

Et en France alors ? La justice a commencé à traiter des affaires de ce genre. Un homme de 39 ans a même été condamné à une peine d’emprisonnement d’un an ferme par le tribunal de Metz en septembre dernier pour avoir mis en ligne des photos dénudées de son ex-femme sans son accord.

Les députés souhaitent doubler la peine

Mais à présent, nos députés souhaitent aller plus loin et c’est précisément ce qui les a poussé à signer cet amendement.

Désormais, le fait de « transmettre ou de diffuser sans le consentement exprès de la personne l’image ou la voix de celle-ci, prise dans un lieu public ou privé, dès lors qu’elle présente un caractère sexuel » sera donc passible de deux ans de prison ferme et de 60 000 € d’amende.

L’amendement a été présenté par la socialiste Catherine Coutelle et cette dernière n’a eu aucun mal à convaincre l’assemblée.

Elle a effectivement raconté lu dans l’hémicycle un message envoyé par une mère célibataire. Sa fille de 16 ans avait été filmée à son insu et les vidéos se sont rapidement retrouvées en ligne. Elle a alors reçu plus de 250 messages d’insulte et elle a même tenté de se suicider. Depuis, elle ne sort plus de chez elle.

Toute la question est maintenant de savoir si cet amendement sera adopté en l’état par le Sénat.