L’e-Sport aux jeux Olympiques, ce n’est pas gagné

Si la question d’une éventuelle intégration de l’e-Sport dans la sphère des disciplines olympiques (notamment au travers d’un événement annexe, organisée en parallèle des épreuves traditionnelles) est toujours en suspens, celle de l’admission par le Comité Olympique des jeux jugés « violents », vient quant à elle d’être explicitement déboutée par Thomas Bach. Lors d’un entretien avec la presse, le président du CIO – en poste depuis 2013 – a eu l’occasion de s’exprimer frontalement sur le sujet. Pour lui, l’intégration des « jeux de meurtre » à la liste des disciplines chapeautées par son office est totalement exclue.

Au travers de ces récentes déclarations, c’est toute une frange des titres pratiqués par les joueurs d’e-Sport qui vient d’être mise de côté. Cette prise de position tend toutefois à canaliser un éventuel « e-Sport Olympique » dans la lignée directe des disciplines déjà admises par le CIO.

Le président du CIO, Thomas Bach, a énoncé son point de vue au sujet d’une éventuelle intégration de l’e-sport aux disciplines olympiques. Si la question reste globalement en suspens, les jeux « violents » sont pour leur part exclus.

« Nous ne pouvons pas avoir au programme olympique un jeu qui promeut la violence ou la discrimination. Les jeux de meurtre, de notre point de vue, contredisent les valeurs olympiques et ne peuvent donc pas être acceptés », a notamment déclaré Thomas Bach auprès d’Assiociated Press, avant de devancer l’inévitable remarque portant sur les sports de combat admis depuis toujours par le CIO. « Bien sûr, tous les sports de combat ont pour origine des affrontements réels entre les gens. Mais le sport, c’est l’expression civilisée de cela. Les jeux dont le but est de tuer quelqu’un ne peuvent pas être en adéquation avec nos valeurs Olympiques », a-t-il conclu.

Seuls les jeux de sport pourraient trouver leur place au sein des J.O.

C’est du moins ce que l’on peut comprendre à la lecture des propos tenus dernièrement par Zhang Dazhong, le président d’Alisports (filiale sportive d’Alibaba, un géant chinois du e-commerce), recueillis par Reuters. L’intéressé souhaite notamment réduire la quantité de jeux violents présents dans la catégorie e-Sport de l’ASIAD 2022. Son discours se veut par ailleurs tout autant fédérateur et fair-play que celui du CIO : « L’e-Sport devrait porter sur le sport et non sur le divertissement ou sur l’honneur de représenter son pays », a-t-il déclaré.

Toujours selon Zhang Dazhong, le gouvernement chinois serait en outre, lui aussi, opposé à la présence de jeux violents dans les disciplines d’e-Sport : « Le gouvernement chinois s’inquiète que le contenu soit trop violent et mauvais pour la santé des jeunes, mais il soutient quand même l’e-Sport« , note-t-il avant d’ajouter que d’ici quelques années, la dimension proprement sportive de l’e-Sport devrait prendre en importance. « L’e-Sport est la résultante de l’ère digitale. Avec le développement de la technologie, nous aurons accès à plus d’e-Sport requérant un véritable effort physique« .

D’ailleurs, pour lui, les amateurs d’e-Sport seront bientôt en bien meilleure forme physique : « Pour le moment, la silhouette des joueurs d’e-Sport n’est pas très bonne, mais dans le futur, ils auront des muscles« , assure-t-il. Rendez-vous dans quelques années pour savoir si les prévisions de Zhang Dazhong sont justes.

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