Le Tardigrade a été filmé en train de s’accoupler

Le Tardigrade est un animal étonnant à bien des égards. Minuscule, il habite dans toutes les régions du globe et il est en plus capable de résister aux conditions les plus extrêmes. Il fascine les chercheurs depuis plusieurs siècles maintenant, mais aucun d’entre eux n’avait encore eu l’occasion d’examiner son système reproductif. C’est désormais chose faite, grâce à une étude publiée pour le Journal of Zoological Systems.

Évoqué pour la première fois par le célèbre zoologiste allemand Johann August Ephraim Goeze en 1773, le Tardigrade est un animal minuscule mesurant en moyenne 1 millimètre.

Tardigrade

Le Tardigrade a une drôle de méthode pour se reproduire.

Esthétiquement, il se compose d’un corps segmenté en quatre parties protégées par une cuticule et de huit pattes dotées de trois griffes.

Le Tardigrade, un animal pas comme les autres

Les Tardigrades vivent partout sur la planète. Absolument partout. Certains d’entre eux ont effectivement élu domicile dans les sommets de l’Himalaya, d’autres dans les profondeurs sous-marines. Certains vivent aussi dans le sable du désert, dans les ruisseaux ou même chez nous.

Mais ce n’est pas ce qui les a rendus célèbres. Non, car ces animaux figurent aussi parmi les créatures les plus résistantes au monde.

Ils peuvent effectivement survivre à des températures proches du zéro absolu ou bien supérieures au point d’ébullition de l’eau, mais également évoluer dans des environnements extrêmement hostiles comme le vide spatial. Mieux, ils sont aussi capables de vivre plus de dix ans sans eau ni nourriture. Oui, dix ans.

Cette résistance, les Tardigrades la doivent avant tout à leur capacité spéciale, une capacité qui leur permet d’entrer en cryptobiose et donc dans un état proche de la non-vie.

Pour se faire, ils commencent par rétracter leurs huit pattes avant de déshydrater tout leur organisme. Lorsqu’ils le font, ils perdent environ 99 % de leur eau et il la remplace par un sucre non réducteur, le tréhalose. La substance leur permet de préserver la structure de leur cellule. Ensuite, lorsque cette étape est franchie, il ne leur reste plus qu’à s’entourer d’une boule de cire afin de se protéger des éléments extérieurs.

Un système reproducteur insolite

Les chercheurs du Musée d’Histoire Naturelle Senckenberg de Görliz s’intéressent depuis longtemps à son cas et ils ont mené une étude assez complète sur ses fonctions reproductrices, une étude publiée dans le Journal of Zoological Systems la semaine dernière, à cette adresse.

Pour la réaliser, ils ont commencé par réunir 60 spécimens et ils les ont ensuite séparés en fonction de leur sexe.

Ils les ont ensuite regroupés par couple et ils ont filmé la scène à l’aide d’un microscope. Un extrait vous attend à la toute fin de cet article et il révèle un processus bien plus complexe que prévu.

Lorsqu’elle souhaite se reproduire, la Tardigrade femelle lance une mue afin de se séparer de sa cuticule externe et elle dépose ensuite ses œufs dans la poche. Le mâle s’approche et se place au-dessus, dans une position très particulière. Il s’enroule ensuite autour de la tête de la femelle et cette dernière va le stimuler en contractant son pharynx, dans un improbable 69. Cette phase dure environ une heure, durant laquelle le mâle va éjaculer plusieurs, par le biais d’un orifice situé à proximité de son anus.

Le sperme déposé sur l’enveloppe va alors se frayer un chemin pour atteindre les œufs et les féconder. Et si l’accouplement n’a pas lieu ? Les femelles résorbent tout simplement leurs œufs, comme si de rien n’était.

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