Le troisième fabricant mondial de serveurs quitte la Chine pour mieux sécuriser ses produits contre l’espionnage

En octobre 2018, Bloomberg a sorti un article ayant trait à des allégations d’espionnage mettant la Chine sur le devant de la scène. Dans les grandes lignes, les Chinois seraient ainsi parvenus à infiltrer la chaîne qui approvisionne plus de 30 grandes compagnies américaines (y compris Apple et Amazon) et même des organismes d’État (comme la CIA), aux fins d’espionnage.

Super Micro Computer, un fabricant de serveurs basé en Californie qui conçoit ses produits à destination du marché américain, à raison de 60% de son chiffre d’affaires, s’est retrouvé éclaboussé par cette affaire. Pour la simple raison que ses cartes-mères sont principalement manufacturées en Chine.

Un fabricant de cartes-mères quitte la Chine pour mieux sécuriser ses produits contre l'espionnage

Crédits Pixabay

En réponse à ces allégations et pour couvrir ses arrières, selon Appleinsider, Super Micro est actuellement en train de déménager ses affaires et compte bien quitter la Chine.

La Chine et les entreprises chinoises dans le collimateur

Toujours selon l’article de Bloomberg, les puces illicites implantées dans les cartes-mères des serveurs de Super Micro seraient capables d’ordonner aux ordinateurs de communiquer de manière furtive avec d’autres ordinateurs hors du système légitime et d’ainsi transmettre des données vitales.

En outre, elles embarqueraient des lignes de code capables d’interagir avec le fonctionnement des serveurs sur lesquels elles sont implantées en les préparant à accepter des modifications dans le système d’exploitation.

Ces puces pirates seraient ainsi implantées dans les cartes-mères manufacturées par des entreprises prestataires qui se trouvent en Chine, comme c’est le cas de Super Micro pour ses serveurs. Et comme on le sait, bon nombre de géants de la technologie se fournissent en Chine pour la fabrication de leurs composantes, ce qui fait poser la question de l’ampleur du phénomène dans le cas où ces allégations seraient bien fondées.

Super Micro va s’installer au Taïwan et grossir aux États-Unis

Pour se sortir de cette situation épineuse, selon le Nikkei Asian Review, le fabricant de serveurs a décidé de répondre positivement aux demandes de « clients américains, et en particulier des clients gouvernementaux de ne pas leur fournir de cartes-mères fabriquées en Chine pour des raisons de sécurité. »

Actuellement, l’entreprise compte développer ses activités à Taïwan (pour la précision, Super Micro est le troisième fabricant mondial de serveurs en volume après HP et Dell), notamment en construisant une installation qui lui coutera 65 millions de dollars. Elle compte également asseoir sa présence aux États-Unis en construisant un parc industriel dans la Silicon Valley.