Les Etats-Unis envisagent de partir en guerre contre les trolls

Internet est un outil fantastique lorsqu’il est bien utilisé, mais il n’est pas non plus sans danger. Depuis l’arrivée des réseaux sociaux, de nombreuses pratiques douteuses ont ainsi vu le jour et les cas de harcèlement en ligne ont littéralement explosé en l’espace de quelques années. Les politiciens américains n’ont cependant pas l’intention de rester les bras croisés et certains d’entre eux envisagent même de déclarer la guerre aux trolls.

Katherine Clark, Susan Brooks et Patrick Meehan estiment en effet que les lois en vigueur contre le harcèlement en ligne sur le territoire américain sont totalement dépassées.

Troll Twitter

Ils proposent donc de les remanier en proposant une nouvelle loi plus complète et correspondant mieux aux nouveaux usages.

Les trolls de plus en plus présents sur la toile

Katherine Clark représente le Massachusetts à la Chambre des représentants des États-Unis depuis 2013 et elle estime que le harcèlement en ligne s’est considérablement banalisé depuis l’explosion des réseaux sociaux.

D’après elle, il ferait même des milliers de victimes chaque année.

Patrick Mehann, un de ses collègues républicains, est du même avis et il estime en outre que les lois fédérales actuellement en vigueur sur le territoire américain sont trop limitées. Elles ne correspondraient effectivement plus à la réalité des faits et il est donc impératif à ses yeux de les moderniser avant d’inclure tous les cas de harcèlement moderne.

L’idée soulevée par les trois élus est relativement simple et elle consiste ainsi à criminaliser les abus favorisés par les trolls. Les politiciens citent trois cas en exemple : le doxxing, le délit de sextortion et le swatting.

Le doxxing est une pratique encore peu connue. Elle consiste à publier sur la toile des informations privées relatives à un individu, le tout sans lui demander son autorisation et dans le but de lui nuire. Des informations comme son identité réelle, son adresse postale ou même son numéro de téléphone portable. Plus connu, le délit de sextorsion consiste à utiliser des contenus sexuels pour extorquer des avantages, des services ou de l’argent. Le chantage à la webcam en fait partie.

Quant au swatting, il consiste tout bonnement à appeler les services de police en faisant un faux témoignage afin d’envoyer les forces de l’ordre ou même les brigades d’intervention au domicile d’un individu.

Moderniser les lois pour intégrer les nouveaux types d’abus

Katherine Clark a cité le cas de Brianna Wu pour appuyer son argumentaire. Cette brillante développeuse avait pris la défense de Zoe Quinn à l’occasion du Gamergate et elle avait ensuite été attaquée de toute part sur les réseaux sociaux et les plateformes sociales. Des internautes avaient même publié sur 4chan des informations confidentielles la concernant, comme son adresse.

Très vite, la situation a empiré et la jeune femme a fait face à de nombreuses menaces de mort et de viol. Certaines personnes lui ont même envoyé des photos de chien mutilé après la mort de son propre chien.

Face à la situation, le FBI avait ouvert une enquête et elle avait conduit à l’interpellation de quatre hommes. Toutefois, le procureur des États-Unis affecté au district du Massachusetts avait refusé de les poursuivre.

Katherine Clark elle-même a été victime de ces abus. Plus tôt dans l’année, elle a effectivement vu plusieurs officiers de police débarquer chez elle suite à un appel anonyme, un anonyme évoquant la présence d’un tireur à proximité de son domicile.

La politicienne et ses partisans estiment donc qu’il est indispensable de mettre en place une nouvelle loi afin de protéger les Américains. Quant à savoir si elle sera votée, c’est une toute autre histoire.

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