Les extraterrestres se cachent peut-être sur les exolunes

L’Univers observable s’étend sur environ 46 milliards d’années-lumière. Il se compose de millions de galaxies, abritant elles-mêmes des millions de systèmes, des systèmes composés d’étoiles, de planètes et de lunes. Dans ce contexte, il n’est pas absurde de penser qu’il existe quelque part une autre forme de vie, intelligente ou pas.

Cette question anime la communauté scientifique depuis des décennies et l’on compte ainsi des centaines d’études sur le sujet.

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Crédits Pixabay

La dernière en date a été menée par une équipe dirigée par Phil Sutton, un chercheur travaillant pour l’Université de Lincoln au Royaume-Uni.

Les exolunes, l’endroit où chercher une forme de vie extraterrestre ?

En temps normal, les astronomes, planétologues et autres exobiologistes portent leur attention sur les exoplanètes lorsqu’ils se penchent sur la délicate question des formes de vie extraterrestre. Phil Sutton pense de son côté que les exoplanètes ne sont pas les seules à pouvoir abriter des formes de vie primitives ou évoluées.

D’après lui, les exolunes sont aussi de bonnes candidates :

« Ces lunes peuvent être chauffées de manière interne par l’attraction gravitationnelle de la planète autour de laquelle elles orbitent, ce qui peut les amener à avoir de l’eau liquide bien en dehors de la zone habitable normale… »

En exobiologie, la notion de zone habitable est primordiale puisqu’elle désigne une région de l’espace où les conditions peuvent être favorables à l’apparition d’une forme de vie similaire à celle présente sur la Terre. L’idée est globalement assez simple et ces zones correspondent ainsi à un endroit du système qui n’est ni trop proche ni trop éloigné de son étoile.

La première fois qu’un chercheur a parlé de zone habitable, c’était en 1953 et il s’agissait de Hubertus Strughold.

Les chercheurs du SETI ont développé un peu le concept à la fin des années 50 et ce dernier a par la suite été popularité par Frank Drake, à qui l’on droit l’équation du même nom.

La zone d’habitabilité n’est pas une fin en soi

Si cette notion d’habitabilité est importante, elle est aussi un peu trop restrictive, car la zone en question est finalement assez limitée. C’est bien entendu ce qui a poussé Phil Sutton et son équipe à mener une étude portant sur les exolunes.

Les chercheurs ont donc mené plusieurs simulations informatiques afin de déterminer si les composantes nécessaires à la vie seraient susceptibles d’apparaître sur des exolunes, et ce sans se limiter à la zone d’habitabilité. D’après les résultats, il semblerait donc que cela soit possible, mais les chercheurs ont besoin de plus de données pour valider leur thèse.

Or justement, pour se faire, ces derniers ont décidé de porter leur attention sur J1407b, une exoplanète située dans la Constellation du Centaure et donc à 434 années-lumière de la Terre.

Pourquoi cette planète ? Tout simplement parce qu’elle comporte de nombreux anneaux, des anneaux deux cents fois plus étendus que ceux de Saturne… et donc susceptibles d’abriter de nombreuses exolunes.

Reste que dans l’absolu, il suffit de regarder notre propre système pour réaliser que les lunes orbitant autour des planètes sont de bonnes candidates pour la recherche d’une forme de vie extraterrestre. Encélade et Europe en sont de bons exemples.