Les fabricants de puces américains se dressent contre Washington qui leur interdit de collaborer avec Huawei

Après avoir été accusé d’espionnage pour le compte de la Chine par le gouvernement Trump, Huawei s’est retrouvé privé de ses collaborateurs américains. Washington a en effet obligé les entreprises américaines à rompre leur partenariat avec le géant chinois.

Ce dernier peut cependant compter sur certains de ces « anciens » fournisseurs pour essayer de faire tomber l’interdiction.

Il a été dévoilé que les fabricants de puces Qualcomm et Intel tentent de faire pression sur le gouvernement américain pour que ce dernier lève la sanction pesant sur Huawei. Le mois dernier, les dirigeants des deux entreprises se sont réunis avec le Département du Commerce afin de discuter du sort de la firme chinoise.

Qualcomm et Intel affirment que le but de leurs démarches n’est pas d’aider Huawei, mais de prévenir les dommages causés aux entreprises américaines.

Les arguments d’Intel et Qualcomm

Le duo avance que l’impossibilité de travailler avec Huawei est un coup dur pour les finances de beaucoup d’entreprises américaines. Il se trouve en effet qu’en 2018, 16 % des 70 milliards de dollars dépensés par Huawei dans les composants de ses téléphones sont versés dans les caisses des entreprises américaines, notamment dans celles de Qualcomm, Intel et Micron Technology Inc.

Face à ce bilan, la Semiconductor Industry Association (SIA) a contacté le gouvernement des USA au nom des sociétés américaines, lui demandant de revenir sur ses décisions concernant Huawei. la SIA argumente notamment que « pour les technologies qui ne concernent pas la sécurité nationale, elles ne devraient pas entrer dans le champ de l’ordonnance. »

D’autres géants de la Tech ont également exprimé leur intérêt de pouvoir de nouveau collaborer avec Huawei. C’est notamment le cas de Google ou encore de Broadcom dont les chiffres de ventes ont été réduits de 2 milliards de dollars cette année à cause de ce problème.

Huawei n’est pas derrière tout ça

Andrew Williamson, vice-président des affaires publiques de Huawei, a déclaré que : « la société n’avait demandé à personne de faire pression en son nom. Ces sociétés réagissent de leurs propres grés, car pour eux, Huawei est un client. Ils savaient que le fait de couper Huawei aurait des conséquences ‘catastrophiques’ sur eux. »

Des observateurs chinois ont fait remarquer que les fournisseurs américains ne veulent pas être perçus comme aidant un prétendu espion, mais ne veulent pas non plus perdre un bon client en l’encourageant à se fournir ailleurs.

De son côté, Huawei tente de sauver sa réputation en Occident en menant plusieurs campagnes de relations publiques dans le but de rassurer ses clients et entreprises partenaires.

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