Les Îles Marshall sont bien plus radioactives que Tchernobyl

En termes de radioactivité, les îles Marshall, un archipel de l’océan Pacifique situé entre Hawaï et les Philippines, surpasseraient Tchernobyl. C’est en tout cas ce qu’a prouvé une récente étude menée par des chercheurs américains de l’Université de Columbia.

Étant donné que ces îles ont été le théâtre de 67 essais nucléaires réalisés par les États-Unis entre 1946 et 1958, les chercheurs ont cherché à savoir jusqu’à quel point elles pouvaient être radioactives.

les îles marshall

Crédits photo PIXABAY

Les recherches menées par l’équipe de scientifiques ont permis de découvrir que les îles Marshall étaient dix fois plus radioactives que Tchernobyl.

Des niveaux élevés d’éléments radioactifs

Dans le cadre de leurs recherches, les chercheurs de l’Université de Columbia ont prélevé 38 échantillons de sol provenant de quatre atolls des îles Marshall, à savoir Enewetak, Rongelap, Utirik et Bikini.

Après analyses de ces sols, ils ont observé un niveau de concentration très élevé d’isotopes nucléaires. Parmi ces isotopes, on citera notamment le plutonium 239 et -240, l’américium-241 et le bismuth-207.

D’après les scientifiques, les concentrations de plutonium retrouvées dans les îles Marshall sont « jusqu’à 15 à 1000 fois plus élevées que dans les zones touchées par les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima. »

Les chercheurs ont déclaré que l’atoll de Bikini était le plus touché par cette radioactivité. En 1946, les États-Unis y ont testé les deux premières bombes nucléaires, Able et Baker. S’en est suivi par la suite une période d’essais nucléaires qui a duré douze longues années.

Un danger pour la population locale ?

Ce niveau élevé de radioactivité ne sera pas sans conséquence pour les habitants de certains atolls des îles Marshall. Au cours de leurs études, les scientifiques ont effectué des tests sur plus de 200 fruits, dont la noix de coco et hala ou fruit du pandanus, provenant des quatre atolls des îles Marshall.

Les résultats de leur test ont montré que les noix de coco et le hala provenant de trois des quatre atolls des îles Marshall, présentaient un taux élevé de contamination. Certains des fruits étudiés contiendraient des niveaux de césium-137 largement supérieurs à ce qu’autorisent certaines normes internationales de sécurité alimentaire.

Actuellement, les chercheurs de l’Université de Columbia envisagent de poursuivre leurs recherches pour mesurer les conséquences que les essais nucléaires ont sur les océans.