Les poulpes sont en train de devenir aveugles à cause du changement climatique

Ce n’est plus un secret : le changement climatique a des conséquences vraiment catastrophiques sur les océans et les créatures qui y habitent.

D’après une étude effectuée il y a deux ans par la revue Nature, le niveau d’oxygène dans les océans de la planète aurait baissé de 2 % en cours des cinq dernières décennies, et qu’il va continuer de baisser de 7 % dans les 80 prochaines années.

Ce n’est pas une bonne nouvelle pour les poulpes qui ont vraiment besoin d’oxygène pour voir.

Une récente étude du Journal of Experimental Biology a en effet révélé que la désoxygénation des océans entraîne une baisse de l’activité rétinienne chez les poulpes. Il se trouve que ces derniers ont du mal à voir lorsqu’ils restent trop longtemps dans un environnement pauvre en oxygène.

Le manque d’oxygène en cause

Menés par Lillian McCormick, candidate au doctorat à la Scripps Institution of Oceanography de La Jolla, en Californie, les chercheurs ont mené quelques expériences sur des poulpes à deux points. Ils ont fixé de petites électrodes aux yeux des sujets. Les électrodes avaient pour mission d’enregistrer l’activité électrique dans les yeux des poulpes lorsque leurs rétines réagissaient à la lumière.

L’expérience consiste à placer les poulpes dans un réservoir rempli d’eau, puis à les exposer à une forte lumière pendant que le niveau d’oxygène dans l’eau était progressivement baissé. Résultat : les scientifiques ont constaté que les poulpes commençaient à perdre progressivement la vue au bout de trente minutes d’exposition dans un environnement qui ne contient que très peu d’oxygène.

De nombreuses autres créatures concernées

Publiée en ligne le 24 avril dernier, cette étude du Journal of Experimental Biology tire la sonnette d’alarme sur les terribles conséquences du réchauffement climatique sur les créatures marines. Les poulpes ne sont en effet pas les seuls à souffrir de cécité à cause de la désoxygénation des océans.

Tous les invertébrés marins sont concernés par le problème, notamment les calmars, les crabes, ainsi que de nombreuses autres espèces similaires. Durant leurs expériences, McCormick  et ses collègues ont aussi étudié  le calmar de marché ainsi que deux espèces de crabes.

Tout comme chez le poulpe, les chercheurs ont constaté que l’activité rétinienne des créatures a diminué de 60 à 100 % à mesure que le taux d’oxygène dans l’eau a diminué.