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Les premières images du trou noir central seront bientôt disponibles

Sagittarius A* est le nom attribué à un gigantesque trou noir situé au centre de la Voie Lactée. Selon la théorie, le trou noir absorbe autant la matière que la lumière. Jusqu’à aujourd’hui, les astrophysiciens ne disposent pas d’images de cet élément qui ingurgite tout ce qui franchit son horizon. Le fait est qu’il faudrait un télescope de la taille de la Terre pour l’observer. Afin de contourner cette nécessité, les scientifiques ont donc créé un énorme télescope virtuel.

Le projet porte le nom d’EHT pour Event Horizon Telescope. Il s’agit d’une combinaison des données de plusieurs télescopes suivant le principe de l’interférométrie. Cette méthode permet de donner lieu à un télescope virtuel géant ayant les dimensions de la Terre.

Trou noir

L’observation est effectuée par des radiotélescopes à l’échelle des ondes millimétriques. Les premières images pourraient être disponibles d’ici la fin de l’année.

Un rond sombre entouré d’un anneau lumineux

Frédéric Gueth, le directeur de l’IRAM, explique la nécessité d’observer la gamme des ondes millimétriques. Pour lui, c’est « le meilleur domaine pour tenter d’observer le trou noir central. Les ondes millimétriques ne sont pas les plus énergétiques mais elles peuvent franchir de grandes distances sans être bloquées par la matière ou les gaz qu’elles traversent. »

Lorsque les observations seront terminées, les données recueillies seront traitées par deux supercalculateurs corrélateurs. Les scientifiques prendront ensuite le relais.

« On s’attend à voir un rond sombre entouré d’un anneau lumineux un peu plus épais sur un côté. Mais l’image sera plus floue que les illustrations qui résultent de simulations numériques » a affirmé le directeur à propos du résultat attendu.

Deux sessions prévues

Les astronomes ont prévu de procéder à deux sessions d’observatoire afin de connaître l’environnement du Sagittarius A*.

La première, celle d’avril, a déjà commencé et a lieu en Europe. Le télescope déployé est celui de l’IRAM (Institut de Radio Astronomie Millimétrique). Mesurant trente mètres de long, il est localisé dans le Sierra Nevada espagnol.

La deuxième session débutera dès 2018 avec un autre appareil baptisé NOEMA. Celui-ci est encore en train d’être développé sur le plateau de Bure dans les Hautes-Alpes.