Les réseaux sociaux, un nouveau facteur de risque pour les suicides ?

On n’en parle peut-être pas assez, mais le suicide reste l’une des causes de décès les plus inquiétantes dans le monde. Ce fléau est en effet à l’origine de plus de 800 000 décès dans le monde chaque année. Rien qu’en France, les urgences prennent en charge environ 220 000 tentatives de suicide chaque année, et 10 500 personnes mettent fin à leur jour pour des raisons diverses (drogue, alcool, abandon, impulsivité, identité sexuelle…).

Selon l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), la dépression demeure la principale cause avec 70% des cas de passage à l’acte.

Suicide IA

L’institut précise également que de nouveaux facteurs ont fait leur apparition, parmi eux nos très chers réseaux sociaux !

La face obscure des réseaux sociaux…

Ce dimanche 10 septembre était la « journée mondiale de prévention du suicide ». L’Inserm en a profité pour dévoiler de nouvelles données mettant notamment en cause de nouveaux facteurs de risques au suicide. Parmi ces nouveaux éléments déclencheurs d’idées suicidaires et de passage à l’acte, l’Inserm cite les réseaux sociaux. Pour rappel, le suicide représente la deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans. Et les réseaux sociaux y seraient pour quelque chose !

Certes, la plupart des médias sociaux, à l’instar de Facebook et Youtube, ont mis en place des moyens pour prévenir le suicide comme la présence de services de prévention, la dénonciation de contenus inappropriés ou la censure. Mais il semble que ces mesures restent encore insuffisantes.

Selon l’Inserm, le meilleur moyen de lutter contre ce fléau est « d’éduquer les jeunes en leur enseignant les bons gestes à adopter ». Et justement, la technologie pourrait avoir son rôle à jouer ici.

Une application pour anticiper les risques de suicide

Une nouvelle application baptisée « STOPBLUES » veut aider à prévenir les risques de suicide, liés notamment aux réseaux sociaux. Elle a été développée par l’Unité mixte de recherche 1123 – Epidémiologie clinique et évaluation économique appliquées aux populations vulnérables (ECEVE). STOPBLUES permet aux utilisateurs d’avoir accès, de façon anonyme, à des informations (vidéos de professionnels, de malades ou de proches), ou encore de remplir des questionnaires d’auto-évaluation afin de détecter un éventuel risque de suicide.

L’application propose également une fonction de mapping permettant de trouver à proximité des médecins, des centres médicaux psychologiques ou des associations en cas de besoin. L’Inserm décrit ainsi cette application comme « une sorte de compagnon virtuel, chargé d’accompagner, de renseigner et de rassurer les utilisateurs en souffrance ».

L’application STOPBLUES sera disponible à partir de novembre 2017. Elle sera accompagnée d’un site internet également destiné à réduire les risques de suicide au sein des populations.

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