L’ESA a testé un nouveau moteur ionique et il pourrait changer pas mal de choses à l’avenir

L’Agence spatiale européenne (ESA) a créé le premier propulseur au monde qui devrait permettre aux satellites de rester en orbite des années plus longtemps qu’ils ne le peuvent actuellement. Le secret ? Le propulseur fonctionne en utilisant des particules d’air dans l’atmosphère.

D’autres ont essayé d’améliorer la durée de vie des satellites auparavant, mais la plupart sont encore limités par la quantité de carburant qu’ils peuvent transporter. Le nouveau propulseur ionique « respire » les particules d’air rares dans la haute atmosphère, permettant aux satellites de rester en orbite sans besoin immédiat de ravitaillement.

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Une nouvelle génération de propulseur fonctionnant à l’air

De meilleurs systèmes de propulsion sont la clé pour faire progresser nos capacités spatiales, et l’un des types les plus prometteurs est la propulsion ionique. Un propulseur ionique « ionise » un agent propulseur, le plus souvent du xénon, en y ajoutant des électrons ou en retirant des électrons. Cela crée une poussée qui peut positionner un satellite en orbite ou propulser un engin spatial, par exemple. Les propulseurs ioniques sont beaucoup plus propres, plus sûrs et plus économes en carburant que les moteurs-fusées standards. Cependant, ils sont encore limités par la quantité de propulseurs que leur réservoir peut transporter.

Des scientifiques de l’Agence Spatiale Européenne, de la société polonaise QuinteScience et de la société spatiale italienne SITAEL espèrent changer cela. L’équipe a testé avec succès un propulseur ionique qui utilise une méthode connue sous le nom de propulsion électrique à respiration aérienne (en anglais air-breathing electric propulsion – ABEP), ou propulsion électrique RAM. Cela signifie qu’il fonctionne littéralement avec de l’air.

Bien que l’ABEP ne soit pas un nouveau concept, le prototype de l’ASE est le premier du genre. Il fonctionne en aspirant les molécules d’air du haut de l’atmosphère terrestre. Ensuite, il donne à ces molécules une charge électrique et les accélère. Enfin, il éjecte les molécules ionisées dans l’espace. Cette éjection d’ions est ce qui provoque la poussée.

Un moyen de voyager plus loin dans l’espace

Ce propulseur qui « respire de l’air » peut ne pas être aussi puissant que d’autres propulseurs ioniques en développement, y compris le X3 de la NASA, mais ce qu’il n’a pas en puissance, il le rattrape dans la longévité potentielle. Parce qu’ils peuvent tirer du carburant de l’air, ces nouveaux propulseurs ioniques pourraient étendre notre portée dans l’espace. Un engin pourrait voyager d’une atmosphère à l’autre, se « ravitaillant » dans chacun d’eux avant de poursuivre son voyage. Au lieu de causer de la traînée, l’air deviendrait alors une source de carburant.

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