L’ESA va aller rendre visite à Mercure en 2018

L’ESA va lancer pour la première fois de son histoire une mission en direction de Mercure l’année prochaine. Elle vise à étudier la planète et à percer tous ses secrets.

Mercure occupe une place de choix dans le cœur des astronomes et des curieux en raison de sa situation. La belle est en effet la planète la plus proche de notre étoile et elle est en outre la moins massive du système avec un rayon équatorial équivalent à seulement 0,38 fois celui de la Terre.

Mercure

Cela ne l’empêche cependant pas d’être une planète tellurique et elle partage ainsi de nombreux points communs avec Vénus ou Mars.

Mercure dans le collimateur de l’ESA

Mercure fascine depuis longtemps les astronomes et les premiers écrits l’évoquant remontent ainsi à la civilisation sumérienne, une civilisation datant du IIe millénaire avant Jésus Christ.

Les Babyloniens l’ont également étudiée pendant plusieurs siècles et ils l’associaient d’ailleurs à la déesse du savoir Nabû. Les Grecs et les Romains lui ont aussi dédié de nombreux écrits.

Il a cependant fallu attendre les années 70 pour avoir une vision plus précise de sa surface. La NASA avait en effet profité de la mission Mariner 10 pour lui tirer le portrait, révélant du même coup de nombreux détails sur ses caractéristiques et sa topologie. Grâce à la sonde, nous avons ainsi appris que la surface de la planète était recouverte d’innombrables cratères, avec des paysages assez proches de ceux de la Lune.

L’ESA compte cependant aller plus loin et l’agence spatiale européenne a ainsi prévu de lancer dès l’année prochaine deux sondes en direction de Mercure. Il s’agit de la première mission européenne dédiée à cette planète.

BepiColombo, c’est le nom de la mission, a été nommé ainsi en l’honneur de l’astronome italien Giuseppe Colombo, un astronome qui a travaillé pendant plusieurs années sur la sonde Mariner 10.

Une mission organisée avec l’appui de la JAXA

Selon Alvaro Giminez, le directeur du programme scientifique de l’agence européenne, « Mercure est la planète la moins explorée » du système solaire en raison de sa situation. Elle est en effet très proche du Soleil et les appareils voguant dans les environs sont par conséquent soumis à d’importantes forces gravitationnelles.

Paradoxalement, c’est aussi cette proximité avec notre étoile qui la rend aussi intéressante sur le plan scientifique.

L’ESA ne travaillera pas seule sur cette mission et elle a ainsi choisi de s’associer avec l’agence spatiale japonaise. BepColombo vise à collecter des données sur la manière dont Mercure s’est formée, mais également à comprendre pourquoi la planète possède un gigantesque noyau métallique.

Les chercheurs espèrent également pouvoir en apprendre un peu plus sur sa géologie, son atmosphère et son champ magnétique.

Pour se faire, les deux sondes seront bardées d’instruments. Mercury Planetary Orbiter, la première embarquera ainsi un magnétomètre, un spectromètre, un détecteur de plasma, des caméras et un appareil capable d’analyser les électrons. La seconde, Mercury Magnetospheric Orbiter, ira encore plus loin avec pas moins de onze instruments scientifiques.

Bien sûr, ces deux sondes auront besoin de plusieurs années pour atteindre leur objectif. Si leur lancement est prévu pour 2018, elles n’arriveront pas sur place avant 2025.