L’expédition Under The Pole III a pris la mer pour 3 ans

Une expédition scientifique exceptionnelle a débuté ce samedi depuis le port de Concarneau. Under The Pole III, c’est son nom, aura pour but d’explorer le milieu sous-marin jusqu’à 150 mètres de profondeur.

D’une durée de trois ans, l’étude permettra de développer de nouvelles techniques de plongée et de prolonger la durée des immersions humaines.

Un « tour du monde » exceptionnel organisé par Ghislain et Emmanuelle Bardout, qu’ils effectueront sur leur goélette de 20 mètres, baptisée évidemment « Why ».

Du Groenland à Tahiti, un voyage hors normes

Deux expéditions précédentes ont été menées par le couple. La première en 2010, a regroupé 51 plongées au pôle Nord lors d’une traversée de la banquise pendant 45 jours, tout cela dans des conditions extrêmes par -50°c à -30°c.

La seconde a débuté en 2014 pour une durée de 18 mois. 400 plongées ont été réalisées, ce qui leur a permis de rencontrer le requin du Groenland, l’un des plus gros poissons du monde et le plus gros de l’Arctique.

Cette nouvelle aventure est la plus longue et prévoit un retour à Concarneau en juin 2020. 500 plongées sont prévues au cours du voyage, qui débute au Groenland, passera le détroit de Behring pour rester en Alaska jusqu’en avril 2018 avant de prendre le départ pour la Polynésie française où cinq mois d’études sont prévus à travers les cinq archipels.

Le « Why » rejoindra ensuite le Chili puis l’Antarctique jusqu’en février 2020, avant de rentrer en France en réalisant au passage des escales en Argentine, en Uruguay, au Brésil, aux Antilles, aux Bermudes et aux Açores.

Un programme pédagogique avec l’Éducation Nationale

80 000 kilomètres seront environ parcourus par cette équipe de scientifiques qui regroupe plongeurs, ingénieurs, photographes, vidéastes, mécaniciens et médecins. Une longue mission qui rassemblera des milliers d’images, cinq longs-métrages, un web documentaire de l’aventure et des centaines d’échantillons qui seront analysés en laboratoire, pour en apprendre toujours plus.

Un des six programmes auxquels s’attellent les scientifiques consiste à prolonger la durée des plongées. Ils testeront une structure rigide innovante qui permet de rester plusieurs jours sous l’eau, à 40 mètres de profondeur avec un confort suffisant, et grâce à des recycleurs en circuits fermés qui prolongent l’autonomie en oxygène des plongeurs.

Outre ce projet expérimental appelé « Capsule », d’autres axes concerneront la physiologie, la bio fluorescence et la bio luminescence en Arctique (sous la direction du chercheur Marcel Koken du CNRS), un programme sur les écosystèmes profonds en Polynésie, un sur l’étude des requins-marteaux et bouledogues, ainsi que deux projets en Antarctique.

Un programme pédagogique a été également mis en place, en lien avec le Ministère de l’Éducation Nationale.

Comme dirait Georges Pernoud sur Thalassa : « Bon vent ! » à cette ambitieuse initiative.

Mots-clés océanologie