L’Île de Pâques est menacée par la montée des eaux

L’Île de Pâques est un des plus beaux trésors de notre planète, mais elle est actuellement en danger à cause de la montée des eaux. L’île et ses monuments seraient en effet en train de disparaître à cause de l’érosion.

L’Île de Pâques se trouve à quelques kilomètres au large du Chili, dans le sud-est de l’océan Pacifique. Relativement imposante, elle s’étire sur cent soixante kilomètres carrés et elle compte moins de sept mille habitants.

Île de Pâques

D’après les études menées sur place, l’île aurait été découverte entre 400 et 1200 par les Polynésiens, mais les Européens n’ont pas foulé son sol avant le dix-septième siècle.

L’Île de Pâques, une île empreinte de mystère

L’Île de Pâques est surtout connue pour ses vestiges mégalithiques, des vestiges datant de la toute première civilisation à avoir vécu sur place, à savoir les Haumaka.

Si l’on en croit la légende, alors Hotu Matu’a, un chef de clan vivant dans l’archipel des Marquises, aurait envoyé sept pirogues dans différentes directions afin de trouver de nouvelles terres pour étendre son royaume et résoudre du même coup les importants et inextricables problèmes de surpopulation touchant sa tribu.

Une de ces pirogues aurait alors accosté sur une île inhabitée et inconnue. Hotu Matu’a aurait alors élu domicile sur place avec les siens.

Jakob Roggeveen, un navigateur néerlandais, a foulé l’île le 6 avril 1722 et donc le jour de Pâques. C’est de là d’où lui vient son nom. Par la suite, le territoire a été annexé par l’Espagne avant de tomber dans l’escarcelle du Chili quelques décennies plus tard, en 1888.

L’Île de Pâques occupe une place importante dans l’histoire de notre espèce et son patrimoine a ainsi été inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO au milieu des années 90. Aujourd’hui, l’île est gravement menacée.

Un site menacé par les changements climatiques

Nicholas Casey, un correspondant du New York Times basé en Colombie, a en effet parcouru l’île en compagnie d’un photographe afin de mener une enquête sur l’impact de l’océan sur l’île et ses monuments. L’idée était en effet de constater sur place si le rapport émis par l’ONU au sujet des changements climatiques et de leur impact sur le patrimoine mondial était réellement fondé. Il semblerait que ce soit le cas.

D’après les modules climatiques, le niveau de la mer devrait augmenter de 1,5 à 1,8 mètre d’ici 2100. Dans ce contexte, une partie des statues présentes sur la surface de l’île risquent d’être englouties par les flots.

Ce n’est pas le plus inquiétant cependant puisque les scientifiques pensent aussi que plusieurs sites prestigieux risquent d’être touchés par l’érosion avant cette date. Parmi les endroits cités se trouve notamment la ligne de monolithe de Tongariki, les plateformes d’Akahanga et l’unique plage de sable de l’île.

Le phénomène n’est pas nouveau d’ailleurs. Il y a quelques années de cela, une statue moaï s’est en effet renversée sur une falaise suite à l’érosion de cette dernière. Les habitants de l’île ont tenté de la protéger du mieux possible, mais ils se disent très inquiets, car plusieurs éboulements ont eu lieu dans la région. Le monument se trouvant à seulement quelques mètres du rivage, ils craignent ainsi de la voir disparaître dans les flots.

Si l’Île de Pâques a fait l’objet de nombreuses études, aucune d’entre elles ne nous a permis de déterminer ce qui a provoqué l’effondrement de la civilisation à l’origine de ces statues de pierre. La thèse communément admise évoquait un possible écocide (la destruction de l’environnement), mais une nouvelle étude publiée l’été dernier l’a remise en question.

Des statues renversées, des tombes éventrées

En effectuant des fouilles sur place, des chercheurs ont en effet découvert des traces d’engrais et ils ont donc supposé que les Rapa Nuis avaient réussi à cultiver leurs terres. Dans ce contexte, la théorie de l’écocide ne tiendrait plus et le mystère reste par conséquent entier.

Le seul moyen de découvrir la vérité est donc de poursuivre les fouilles sur place, des fouilles qui risquent malheureusement de devoir être interrompues si la situation continue de se dégrader.

L’UNESCO avait tiré une première fois la sonnette d’alarme en 2016, mais le reportage mené par le New York Times prouve finalement que la situation n’a pas changé… et même qu’elle a considérablement empiré. Plusieurs sites ont été fortement dégradés et certaines tombes ont même fini par être remontées vers la surface suite aux intempéries de ces derniers mois.

Les puissantes vagues de la région ont également endommagé plusieurs sites funéraires et les autorités locales pensent que ces derniers ne pourront pas être sauvés en dépit de leurs nombreuses tentatives pour atténuer l’érosion de l’île. Entre les éboulements et les glissements de terrain, ces derniers pensent en effet que le patrimoine de l’île est voué à disparaître.

Et avec lui, une bonne partie de notre histoire.

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