L’Inde dit non aux voitures autonomes

Les premières voitures autonomes devraient être opérationnelles et commercialisées d’ici 2020. Si plusieurs pays sont actuellement en train de modifier leur législation pour pouvoir accueillir ce type de véhicule, l’Inde a clairement fait comprendre qu’elle n’en veut pas sur son territoire. « Nous n’autoriserons pas les voitures sans conducteur en Inde. » a déclaré Nitin Gadkari, le ministre du Transport, mardi lors d’une conférence de presse.

La décision est guidée par la volonté de protéger le marché du travail du pays. « Nous n’autorisons aucune technologie qui enlève les emplois. » a ainsi indiqué Nitin Gadkari, arguant que l’Inde compte déjà un pourcentage massif de chômeurs. Autoriser les voitures autonomes sur le sol indien ferait perdre leur travail aux millions de chauffeurs que compte actuellement le pays.

Voiture autonome

Le ministre avait cependant précisé que les constructeurs pouvaient venir au pays pour développer leurs véhicules, mais c’est tout. Aucun allègement fiscal ne leur sera d’ailleurs accordé.

L’Inde veut préserver les emplois

Par cette décision, le gouvernement indien veut avant tout préserver l’équilibre déjà précaire de son marché du travail. La démocratisation des voitures autonomes pourrait en effet tout chambouler pour le pays qui emploie actuellement plusieurs millions de chauffeurs. « Comment pouvons-nous autoriser de tels véhicules alors que nous avons déjà un grand nombre de chômeurs ? » a demandé Nitin Gadkari, visiblement dans le but d’enfoncer un peu plus le clou.

Si les intentions du gouvernement sont nobles, les opposants à l’interdiction ne se privent pas de critiquer la décision. Pour eux, il faudrait au contraire encourager l’entrée des voitures autonomes au pays.

Il faut aussi attirer les investisseurs, leur donner envie de venir construire au pays et partager les secrets de telles innovations. Ils ajoutent qu’interdire l’entrée de nouvelles technologies n’est en aucun cas bénéfique pour la croissance du pays. Il faut juste savoir coexister.

Pas de véhicules autonomes pour l’Inde

Peu importe les arguments présentés, le gouvernement indien se montre pour l’instant inflexible. Pour cause, plus de deux millions de particuliers ont demandé une demande d’emploi en tant que chauffeur commercial. Les dirigeants ont décidé d’ouvrir une centaine d’écoles de conduite à cet effet. Si on en croit Nitin Gadkari, cela permettra la création de plusieurs milliers de nouveaux emplois d’ici cinq ans.

Il n’y a donc aucune de place pour la voiture autonome en Inde. Finalement, peut-être que ça tombe bien étant donné que le système de conduite autonome ne serait pas encore prêt pour le trafic routier beaucoup trop complexe et imprévisible du pays. Il faudrait plusieurs années aux IA des véhicules autonomes pour réussir à comprendre et anticiper les rues et routes indiennes.

C’est en tout cas ce que pense Travis Kalanick, l’ancien PDG d’Uber, mais aussi Sundar Pichai, le CEO de Google. Les IA devront notamment apprendre à repérer les vaches et agir en conséquence.

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