L’intelligence artificielle au service de la recherche d’une vie extraterrestre ?

Le SETI travaille sur de nombreux projets différents et l’un d’eux a pour but d’utiliser une intelligence artificielle afin de nous aider à rechercher et à trouver une forme de vie extraterrestre. Comment ? Tout simplement en lui apprenant à penser différemment de nous.

L’Institut est un organisme sans but lucratif. Créé au milieu des années 80 par Thomas Pierson et Jill Tarter, il a pour but d’explorer, de comprendre et d’expliquer l’origine et la nature de la vie dans l’Univers.

FRB extraterrestre

En tout, le SETI compte une cinquantaine de chercheurs différents et il a également eu de nombreux mécènes tout au long de son histoire.

Le SETI, une histoire très mouvementée

Parmi les plus connus se trouvent Carl Sagan, David Packard ou encore les incontournables William Reddington Hewlett et Paul Allen.

L’institut finance plusieurs programmes différents et l’un d’entre eux a pour but de chercher des signaux d’une vie extraterrestre intelligente en utilisant des télescopes et des radiotélescopes.

Et tout le problème est là, finalement. Le SETI, comme tous les organismes du même genre, cherche des signes d’intelligence en se focalisant sur des techniques et technologies de communication semblables aux nôtres.

Toutefois, cette stratégie a bien entendu ses limites. Si une civilisation extraterrestre existe réellement, alors rien ne dit qu’elle utilise les transmissions radio pour communiquer.

Prenez notre propre planète par exemple. Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, l’être humain n’est pas la seule espèce intelligente à vivre sur ce monde. Les fourmis, par exemple, vivent elles aussi en société et elles ont même développé des techniques d’agriculture semblables aux nôtres… et ce avant même que nous en ayons l’idée.

Or justement, pour communiquer entre elles, les fourmis n’utilisent pas les ondes radio. Elles font appel à une forme de communication olfactive.

En toute logique, si une vie extraterrestre intelligente existe quelque part dans l’Univers, alors sa technologie a de fortes chances d’être très différente de la nôtre. Dans ce cas, les observations menées par le SETI ou même par le Breakthrough Listen sont loin d’être suffisantes.

Une IA pour penser différemment

Le SETI en a parfaitement conscience et l’organisation a ainsi monté un nouveau groupe de travail intitulé Decoding Alien Intelligence, un groupe piloté par Nathalie A. Cabrol, la directrice du Centre Carl Sagan.

La première session s’est déroulée entre le 14 et le 16 mars dernier et plusieurs scientifiques multidisciplinaires se sont ainsi réunis pour débattre de l’intelligence extraterrestre et tenter de déterminer les formes qu’elle pourrait potentiellement revêtir.

Nathalie A. Cabrol s’intéresse depuis longtemps à cette délicate question et elle avait même écrit un article entièrement dédié à la chose en 2016, un article dans lequel elle disait en substance que l’être humain allait devoir apprendre à penser en dehors de ses propres connaissances pour espérer découvrir une forme de vie extraterrestre.

Plusieurs pistes sont bien entendu envisageables et l’une d’elles en particulier semble dotée d’un fort potentiel. Graham Mackintosh, un consultant travaillant en collaboration avec le SETI et spécialisé dans toutes les questions liées à l’IA, pense en effet que l’intelligence artificielle pourrait jouer un rôle décisif dans la recherche d’une forme de vie extraterrestre intelligente en cherchant des signaux bien différents de ceux envisagés par nos propres scientifiques.

Compte tenu de sa nature, une IA n’est pas limitée par son vécu ou par son expérience et elle a donc la possibilité d’aborder des problématiques sous un angle très différent de celui de l’esprit humain.

En conséquence, Graham Mackintosh pense que la clé de la recherche d’une forme de vie extraterrestre réside peut-être dans l’IA.

Bien sûr, rien n’est encore acté pour le moment, mais il faut avouer que cette piste semble assez prometteuse.

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