L’un des plus importants gisements d’œufs de dinosaures au monde découvert près d’Aix-en-Provence

La région immédiate d’Aix-en-Provence est le théâtre d’une découverte de grande ampleur. Dans la réserve naturelle de Sainte-Victoire, sur la commune de Beaurecueil, à quelques kilomètres d’Aix, des paléontologues s’affairent délicatement à l’extraction de plusieurs centaines de fossiles. Parmi ces vestiges d’un autre temps, un gisement massif d’œufs de dinosaures et des ossements d’Arcovenator (un carnivore de près de 5 mètres de long), et de Rhabdodon (un herbivore, cette fois, qui pouvait mesurer jusqu’à 4 mètres de long pour 1,80 de haut et peser jusqu’à 3 tonnes).

Les équipes sur place évoquent la présence d’au moins 8 individus enterrés dans ce qui ressemble à un simple talus d’argile. Un talus d’argile, qui pourrait toutefois s’avérer être un véritable cimetière de Rhabdodon, doublé d’un lieu de ponte comme le suggère le gisement d’œufs retrouvé à proximité.

Une équipe de paléontologues a découvert, dans la réserve naturelle de Sainte-Victoire près d’Aix-en-Provence, un gisement massif d’œufs de dinosaures. Son âge ? 74 millions d’années.

Tout l’enjeu des fouilles, régulièrement interrompues par les aléas de la météo, est de parvenir à identifier la nature précise de ces œufs. Ce qui pourrait s’avérer ardu du fait même de leur état. La quasi-totalité de ces derniers étant éclose, il est en effet difficile d’identifier avec exactitude de quelle espèce de dinosaure les œufs exhumés dépendent.

Seul un minutieux travail d’analyse éclairera les recherches, la forme des fragments permettant de savoir s’il s’agissait – il y a 74 millions d’années – d’œufs de carnivores (de forme allongée) ou d’herbivores (de forme plus ronde, comme sur l’image d’illustration). La découverte d’un embryon intact serait cependant une opportunité rêvée de découvrir à quelle espèce précise ces œufs appartenaient.

Un paysage qui a bien changé depuis la fin du Crétacé supérieur

Comme le note Thierry Tortosa, le paléontologue et conservateur de la réserve naturelle de Sainte-Victoire interrogé par le quotidien régional La Provence, la topographie du terrain était bien différente il y a 74 millions d’années : « C’étaient les berges, tandis que le grès dans lequel on a trouvé des squelettes, tels qu’Arcovenator, ça correspond au lit des rivières. Quant aux bancs calcaires, c’est le fond des lacs », décrit le scientifique. Un environnement constitué de fleuves et de lacs se trouvait donc à la place de l’actuelle montagne Sainte-Victoire.

Plus étonnant, à la fin du Crétacé supérieur, l’ensemble de la zone ne se trouvait même pas en France, mais plus au Sud, sur l’actuel territoire marocain, indique le chercheur qui ajoute que cet environnement chaud, traversé çà et là de rivières et ponctué de lacs, convenait parfaitement aux herbivores qui venaient y pondre à l’abri des prédateurs. « La végétation attire les herbivores, protège leurs œufs et masque les odeurs qui attirent les carnivores » détaille Thierry Tortosa.

Autorisées d’avril à fin juin, les fouilles prendront bientôt fin après 20 journées complètes sur place et de longs interludes en laboratoire. Pour les équipes du muséum d’histoire naturelle d’Aix, le temps est donc à présent compté.