Lunar Gateway : quelques infos sur la future station spatiale lunaire

La NASA et l’ESA travaillent de concert sur le Lunar Gateway, un projet de station spatiale lunaire qui aura la lourde tâche de servir de rampe de lancement pour les futures missions spatiales habitées. Très ambitieux, le programme s’annonce chargé, mais les deux agences semblent progresser. Elles viennent en effet de définir l’orbite de la station.

La Lune a longtemps figuré en tête des priorités des agences spatiales avant d’être reléguée au second plan.

JAXA Lune

Crédits Pixabay

Du moins pendant un temps. Notre satellite semble en effet revenir à la mode depuis quelques années maintenant.

La Lune revient au centre des priorités des agences spatiales

La NASA a ainsi dévoilé un peu plus tôt dans l’année un nouveau programme lunaire baptisé Artemis. Programme qui vise tout simplement à emmener une nouvelle fois des astronautes sur la surface de notre satellite.

Cette fois, l’objectif n’est – évidemment – pas de damner le pion aux Soviétiques, mais plutôt de préparer les futures missions d’exploration spatiale et de déterminer dans quelle mesure la Lune pourrait être un atout dans leur mise en oeuvre. Il faut en effet rappeler que notre satellite abrite dans ses profondeurs des poches d’eau présentant un intérêt scientifique certain… mais pouvant aussi être exploitées pour les futures missions de la NASA et de ses partenaires.

Mais au-delà du programme Artemis, cela fait également plusieurs années que la NASA et les autres agences spatiales travaillent sur un projet de station spatiale lunaire : le Lunar Orbital Platform-Gateway.

Pour être en mesure d’échapper à la gravité terrestre, les fusées ont besoin d’énormément de puissance. Ensuite, elles doivent s’assurer d’avoir assez de carburant pour atteindre la Lune. Et lorsque c’est fait, elles doivent encore dépenser de l’énergie pour freiner leur course et être en mesure d’atterrir sans encombre sur la surface lunaire. Sans perdre de vue, bien sûr, le voyage de retour.

Le Lunar Gateway, pour simplifier les voyages spatiaux

Emmener des astronautes sur la Lune et les faire ensuite revenir sur Terre nécessite donc une quantité phénoménale d’énergie, et c’est précisément ce qui a poussé la NASA et ses soutiens à travailler sur cette fameuse station spatiale lunaire.

L’idée de départ est assez simple. Il s’agit en effet de construire un avant-poste permanent et évolutif, un avant-poste qui nous permettra d’exploiter plus facilement les ressources lunaires, mais aussi de préparer les futurs voyages spatiaux vers Mars.

Le Lunar Gateway fera un peu office de ponton spatial. Les futurs colons lunaires auront toujours besoin d’une fusée pour échapper à la gravité terrestre, mais leur capsule n’aura pas à atterrir sur la Lune. Elle viendra en effet s’arrimer à la station et les astronautes prendront ensuite une capsule pour atteindre la surface lunaire.

Concrètement, cela veut dire que la NASA et les autres agences spatiales n’auront plus besoin de grosses fusées pour atteindre la Lune et se poser dessus. Ils pourront utiliser des fusées plus petites et beaucoup moins coûteuses à construire. Du coup, il sera possible de multiplier les voyages en direction de la Lune à moindre coût, ce qui donnera beaucoup plus de flexibilité aux équipes scientifiques.

Une orbite à halo presque rectiligne pour le Lunar Gateway

Et c’est précisément ce qui a poussé la NASA et l’ESA à choisir une orbite à halo presque rectiligne (ou NRHO) pour le Lunar Gateway. La station suivra ainsi une orbite excentrique autour de notre satellite, ce qui lui permettra de le survoler à une altitude de trois mille kilomètres lorsqu’elle passera au plus près de lui, soit tous les sept jours.

Grâce à cette orbite, la NASA, l’ESA et les autres agences spatiales auront donc une fenêtre de lancement toutes les semaines pour préparer les lancements en direction de la surface lunaire et les retours à la station.

Mais cette orbite a un autre avantage : elle utilise des points gravitationnels existants propres au système solaire et elle aura donc besoin de beaucoup moins d’énergie pour corriger ses trajectoires.

Comme précisé un peu plus haut, le Lunar Gateway n’a pas uniquement pour but de préparer les futures missions lunaires. La station servira aussi de passerelles pour les voyages spatiaux habités en direction de Mars.

Et il faut d’ailleurs noter que le projet est plutôt bien engagé. La construction de la station devrait en effet démarrer en 2020. Et donc l’année prochaine.