Maison intelligente et reconnaissance faciale : des problèmes d’éthique et de vie privée se posent

Alors qu’on la retrouve surtout dans les endroits publics, de nos jours, la technologie de reconnaissance faciale s’invite également dans les foyers via la domotique et la maison connectée.

Parmi les appareils équipés de cette technologie, nous avons par exemple la sonnette Nest Hello qui reconnait les visages familiers, ou encore les caméras Nest Cam IQ Indoor et Nest Cam IQ Outdoor qui gardent un œil vigilant sur les gens à l’intérieur et à l’extérieur de la maison.

Si la technologie est pratique, l’utilisation privée de caméra intelligente pourrait cependant entraîner des problèmes d’éthique vis-à-vis de l’entourage, étant donné que des données biométriques sont collectées sans que les invités et le voisinage ne soient consentants, ou même au courant.

Existe-t-il des lois ?

Bien que la protection des données et de la vie privée fasse actuellement l’objet de nombreuses lois, la reconnaissance faciale reste encore très floue sur le plan législatif. Aux États-Unis où la technologie est déjà très courante, trois États (Illinois, Texas et Washington) ont décidé d’adopter une loi stricte vis-à-vis de la collecte de données biométriques par les appareils aussi bien publics que privés.

En France, la reconnaissance faciale n’en est encore qu’à ses premiers pas. La ville de Nice est l’une des premières à avoir testé la technologie sur la voie publique. Les tests se sont déroulés durant le carnaval de la ville, en février, pendant une durée de 48 heures. Pour ce faire, les autorités ont déployé six caméras de vidéo protection équipées du logiciel « Any Vision ».

La politique des fabricants

Certains se posent la question : où vont toutes les données biométriques récoltées par les appareils domotiques ? Sont-elles utilisées à l’insu des personnes concernées ? Les fabricants accompagnent généralement leurs produits de conditions d’utilisation pour éviter les problèmes et malentendus.

Des fabricants comme Nest et Sony préviennent notamment que c’est le consommateur qui endosse toute la responsabilité de la reconnaissance faciale.

C’est ce qu’explique Nest dans sa politique de confidentialité : « en fonction de votre lieu de résidence et de la manière dont vous configurez les produits et services, vous devrez peut-être obtenir un consentement explicite pour scanner le visage des personnes se rendant à votre domicile. »

Donc, les consommateurs doivent à chaque fois prévenir les visiteurs et les simples personnes de passage (comme le facteur par exemple) qu’ils sont filmés et que leurs données biométriques sont collectées, ce qui n’est pas toujours évident.