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Mamadou Segpa a été jugé pour avoir reçu la vidéo d’un terroriste

En juillet 2016, lors d’un attentat terroriste contre l’église de Saint-Étienne du Rouvray, un prêtre a été égorgé vif. Cet acte ignoble a été perpétré par le dénommé Abdel Malik Petitjean, un djihadiste se réclamant de l’organisation Etat Islamique (EI). Le jeune extrémiste s’est préalablement exprimé dans une vidéo dans laquelle il promettait à l’EI de faire une attaque dévastatrice sur le sol français.

Juste après avoir assassiné Jacques Hamel, Abdel Malik Petitjean et son complice Adel Kermiche ont été abattus par les agents la BRI. Dans le cadre de l’état d’urgence, une perquisition administrative a été lancée le 24 juillet 2016. Le domicile d’un YouTubeur algérien à succès se trouvait dans la liste du mandat.

Mamadou Segpa

Les enquêteurs ont scruté le smartphone du jeune Omar, alias Mamadou Segpa (son pseudo sur la plateforme et également le nom de l’émission). Entre autres, ils y ont trouvé la fameuse vidéo d’Abdel Malik Petitjean. Le lendemain, le jeune homme a été interpellé.

Jugé pour avoir reçu la vidéo

Son nom figurait déjà dans la base de données des services de renseignement, ce qui a facilité sa localisation. La police l’a trouvé au domicile de sa mère à Mantes-la-Ville (Yvelines). Pour sa défense, il a expliqué qu’il tenait la vidéo de Rachid Kassim, un propagandiste de l’EI.

Ce dernier aurait tenté de lui laver le cerveau en l’incitant à exécuter un attentat en France. Il aurait alors décliné la proposition.

Le procès d’Omar a eu lieu ce vendredi. Il a comparu devant la 16e chambre correctionnelle à Paris. Il a été jugé pour avoir reçu la vidéo, ainsi que pour avoir projeté de partir en Syrie avec un ami. À ce propos, il a affirmé que leur intention était de travailler dans la production de vidéos. Ils auraient finalement renoncé au voyage.

Le tribunal l’a condamné à cinq ans de prison assortis d’un suivi socio-judiciaire de cinq ans.

Une fascination pour les vidéos djihadistes

L’internaute algérien de vingt ans est suspecté d’ « association de malfaiteurs à visée terroriste ». Son ami âgé de dix-neuf ans est sous-contrôle judiciaire. Les deux hommes seront jugés côte à côte.

Le téléphone d’Omar contenait également d’autres vidéos à caractère djihadiste. Le jeune Algérien a confié sa passion pour le montage vidéo aux enquêteurs. Il serait particulièrement fasciné par les séquences produites par l’EI. Il estime que celles-ci sont « bien faites », avec une musique souvent « entraînante ».

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