Mars et le « jetlag interplanétaire » pointés du doigt par une nouvelle étude

Les agences spatiales et certains milliardaires partagent l’ambition d’aller vers Mars. Tous sont conscients qu’il ne s’agit pas d’un projet facile. La mission de colonisation martienne implique de nombreux défis scientifiques et technologiques. Il semblerait, cependant, que les réels enjeux du voyage vers la planète rouge soient plutôt d’ordre psychologique. Les astronautes risqueraient d’être affectés par des conflits liés au décalage horaire, aux personnalités et au design intérieur.

Les scientifiques ont mis l’accent sur cette nouvelle préoccupation lors d’une conférence organisée récemment dans le cadre du défi spatial Mohammed bin Rashid. « Les principaux obstacles à la colonisation de Mars ne sont pas techniques, mais psychologiques », a souligné le Dr Federico Caprotti, de l’Université d’Exeter.

Mars

En effet, une mission habitée vers Mars prendrait environ quatre cents jours. À la différence des astronautes sur l’ISS, ceux qui voyageront vers Mars ne pourront pas communiquer en temps réel avec leurs proches sur Terre.

Un risque de pression intense

« Les missions à long terme soulèvent des questions psychologiques auxquelles les connaissances actuelles en sciences spatiales ne peuvent répondre », a précisé Federico Caprotti. « Par exemple, la Station spatiale internationale permet un retour rapide et donc un sentiment de proximité psychologique avec la Terre. Mars ne le permet pas, ce qui entraîne un risque de pression intense. Il y a aussi la question du jetlag interplanétaire. »

« Les effets psychologiques d’un voyage aussi long, combinés au manque de communication en temps réel avec la Terre, les signaux prenant de 4 à 24 minutes, pourraient être énormes. »

D’après Dr. Steven Palmer, de l’Université d’Exeter, un autre scientifique ayant participé à la réunion, quarante à cinquante pour cent des astronautes entretiennent des relations conflictuelles après une aventure dans l’espace.

Des querelles de goûts et de couleurs

Le Dr. Steven Palmer a expliqué que les différences entre les personnalités, voire les différences de goût en matière de design intérieur, risquent de constituer un objet de conflit dans de telles circonstances.

 « Ce serait un problème majeur pour un voyage de retour de 400 jours et la mission intermédiaire sur Mars », a-t-il déclaré.

« Nous avons également entendu parler d’une mission dans un endroit isolé sur Terre où une personne a peint des murs dans une couleur qu’elle n’aimait pas – ce qui a provoqué du ressentiment et endommagé la cohésion de l’équipe. Beaucoup de gens pensent qu’une mission sur Mars devrait être dirigée par des « leaders naturels », mais des organisations comme le British Antarctic Survey ont découvert qu’il fallait des personnes capables de faire des compromis. »

Les effets de ces obstacles pourraient cependant être atténués avec suffisamment de prévoyance… et de préparation.

Mots-clés mars