Mars : les colons finiront-ils par évoluer en une nouvelle espèce ?

Mars fascine les scientifiques depuis plusieurs décennies maintenant. Si la plupart d’entre eux préfèrent se focaliser sur les moyens d’atteindre la planète rouge et de la coloniser, d’autres s’intéressent davantage à l’impact de son environnement sur notre organisme. C’est notamment le cas de Scott E. Solomon, un expert en biologie évolutive.

Basé à Houston, au Texas, ce scientifique détient un doctorat en sciences de l’évolution et il travaille depuis plusieurs années comme chercheur à la Smithsonian Institution de Washington.

Mars Humains

Les êtres humains de Mars pourraient finir par donner naissance à une nouvelle espèce.

En parallèle, l’homme enseigne aussi la biologie évolutionniste dans une université de sa ville et il publie de temps en temps des articles pour certaines revues spécialisées et notamment pour Slate ou encore Wired.

Mars, le berceau d’une nouvelle humanité ?

En fin d’année dernière, Scott E. Solomon a publié son tout premier livre, un livre consacré à l’évolution humaine : Future Humans Inside the Science of Our Continuing Evolution. Disponible dès à présent sur Amazon en anglais, l’ouvrage contient plusieurs chapitres portant sur la planète rouge.

Comme chacun le sait, il existe de nombreuses différences notables entre Mars et la Terre. Elle est en effet plus éloignée de notre étoile et la pression atmosphérique est trop basse pour nous permettre de nous promener à sa surface sans combinaison.

Pour ne rien arranger, son climat est aussi plus froid que le nôtre et les températures à sa surface tournent ainsi en moyenne autour de -63 °C.

En parallèle, la planète rouge est aussi dépourvue de magnétosphère et elle est donc très exposée aux vents solaires. Conséquence directe, les radiations dans son orbite sont 2,5 fois plus fortes que celles touchant l’ISS.

Mars est donc une planète fondamentalement hostile à notre espèce et Scott E. Solomon pense que ces contraintes pourraient avoir des conséquences inattendues sur les premières générations de colons. En réalité, il va même plus loin puisqu’il évoque un possible « effet fondateur ».

Ce terme n’a absolument rien à voir avec l’oeuvre d’Isaac Asimov. Il fait en effet allusion à la diffusion d’une mutation génétique ou d’un trait génétique particulier au sein d’une population ciblée et isolée.

Un effet fondateur pour les colons martiens

En règle générale, cet effet apparaît en effet chez les populations amenées à pratiquer l’endogamie. Ce serait évidemment le cas ici puisque les premiers colons martiens devront vivre en autarcie pendant plusieurs années avant de voir arriver de nouveaux arrivants. Et ça, bien sûr, c’est en supposant qu’ils survivent à l’expérience.

Scott E. Solomon pense donc que ces fameux colons vont devoir rapidement évoluer d’un point de vue biologique afin de s’adapter à leur nouvel environnement. Intéressant, mais ce n’est pas fini, car il pense aussi que cet effet fondateur pourrait accélérer le taux de mutation de leur organisme et favoriser ainsi leur processus d’évolution.

Au lieu de devoir attendre des millions d’années pour voir apparaître les premiers changements notables, il suffirait en effet de quelques millénaires.

Solomon ne s’arrête pas là et il dresse ainsi la liste des mutations potentiellement envisageables. D’après lui, la descendance des colons martiens devrait ainsi avoir une peau beaucoup plus sombre en raison d’une augmentation de la production de mélanine. Leur squelette devrait aussi changer rapidement et s’épaissir afin de s’adapter à la différence de gravité de la planète rouge.

À terme, donc, les colons martiens pourraient finir par évoluer vers une nouvelle espèce relativement différente de la nôtre. Ce n’est cependant qu’une hypothèse et elle doit être prise comme telle.