Mars : on en sait un peu plus sur les anciens océans de la planète rouge

Mars fait désormais figure de planète froide et stérile, mais il n’en a pas toujours été ainsi et la planète rouge a ainsi abrité dans ses jeunes années de vastes océans. D’après une équipe de géophysiciens de l’Université de Californie à Berkeley, ces derniers se seraient formés un peu plus tôt que nous le pensons.

Mars n’est pas la planète la plus hospitalière qui soit. Si la planète rouge ressemble beaucoup à notre monde en termes de taille, son climat est très différent et les températures à sa surface atteignent ainsi une moyenne de -63 °C avec des pointes à -140 °C.

Mars

Ce n’est cependant pas le plus gros problème de cette planète.

Mars, une planète qui a beaucoup changé depuis sa formation

Mars affiche également une gravité moindre et elle est en plus dépourvue de magnétosphère. La surface de la planète est donc directement exposée aux effets du vent solaire et les radiations dans son orbite sont du même coup 2,5 fois plus importantes que celles relevées à bord de la station spatiale internationale.

En dépit de son allure stérile, Mars fascine bon nombre de chercheurs et une équipe de l’Université de Californie a précisément mené une étude poussée se focalisant sur ses anciens océans.

La planète rouge a en effet beaucoup changé depuis sa formation. D’après les relevés effectués sur place par nos sondes et nos rovers, Mars a en effet abrité durant ses jeunes années de vastes océans s’étendant sur plusieurs kilomètres à la ronde.

Les géophysiciens de l’UC Berkeley se sont donc penchés sérieusement sur cette délicate question et ils ont développé une intéressante théorie dans leur étude.

Les chercheurs ont en effet tenté de relier l’existence des océans présents à la surface de la planète rouge durant ses jeunes années à la formation du système volcanique Tharsis. Selon Michael Manga, un professeur de sciences terrestre et planétaire, « les volcans peuvent être importants dans la création des conditions pour que Mars soit humide ».

Le modèle développé par l’équipe de l’université propose donc que les océans martiens se soient formés avant ou en même temps que Tharsis. Habituellement, les chercheurs estiment que la formation de ces vastes étendues d’eau a succédé à ce gigantesque système volcanique, mais Michael Manga et son équipe ne sont pas du même avis.

De vastes océans peu profonds

En revanche, les chercheurs de l’UC Berkeley pensent que ce dernier a joué un rôle important dans la conservation des océans en rejetant dans l’atmosphère martienne des gaz qui ont contribué à un réchauffement planétaire et à la naissance d’un effet de serre, effet qui a ensuite permis à l’eau de continuer à exister à l’état liquide.

Ce n’est pas le plus intéressant cependant. Si le modèle proposé par les géophysiciens est exact, alors cela veut aussi dire que la surface de Mars était aussi bien différente.

Tharsis a en effet donné naissance à un vaste soulèvement volcanique de plus de cinq mille kilomètres de diamètre, un soulèvement culminant de quatre à huit kilomètres au-dessus du niveau de référence, et il a entraîné une déformation de la croûte et du manteau de la planète. Encore plus fou, l’événement a aussi modifié l’équilibre gravitationnel de la planète en entraînant un basculement de 20 à 25 °.

Si les océans sont apparus avant le point culminant du phénomène, alors cela veut aussi dire qu’ils s’étendaient sur de vastes plaines. En conséquence, les chercheurs pensent que ces étendues d’eau n’étaient pas très profondes. Pour appuyer leur thèse, ils se sont notamment appuyés sur les relevés topographiques effectués par les sondes de la NASA, des relevés sur lesquels on devine les contours des anciens rivages de ces océans.

Et ensuite ? Les millénaires passant, l’eau aurait fini par s’évaporer dans l’espace et par donner naissance à des poches d’eau situées au niveau des calottes polaires.

Images de Robert Citron, UC Berkeley.

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