Méfiez-vous de vos mails, ils pourraient trop en dire !

L’e-mail marche bien et des millions de messages se promènent ainsi sur la toile. Si l’on en croit les derniers chiffres en date, alors plus de deux millions de courriels seraient envoyés… chaque seconde. C’est très impressionnant, bien sûr, mais certaines personnes feraient mieux de se méfier d’eux car ils en disent parfois un peu long sur ce que nous gardons au fond de nous.

Yla Tausczik travaille depuis plusieurs années à l’Université du Maryland à College Park et elle se passionne pour tout ce qui a trait à la collaboration et aux communautés en ligne.

Email secrets

Les personnes cachant un lourd secret n’écrivent pas leur mail de la même manière.

Elle détient un doctorat en psychologie et elle est une experte pour tout ce qui est en lien avec les interactions sociales et la communication.

Si vous avez un secret à garder, alors il sera préférable de vous méfiez de vos mails

Yla s’est beaucoup intéressée aux courriels dernièrement, et plus précisément à la manière dont nous les écrivons. Afin d’approfondir ses recherches, elle a monté une expérience avec plusieurs de ses collègues, une expérience portant sur… les secrets.

La fine équipe a commencé par recruter 61 personnes ayant eu à cacher un énorme secret au cours de ces sept dernières années. Pour les trouver, ils ont publié des annonces dans plusieurs quotidiens et ils se sont aussi appuyés sur Craiglist et sur Amazon Mechanical Turk.

Plus de 1 100 personnes ont répondu présentes mais Yla et ses collègues ont retenu seulement 179 dossiers et 61 d’entre eux ont finalement accepté de se prêter au jeu.

Les participants cachaient parfois de très lourds secrets. Certains trompaient leur épouse ou leur époux, d’autres n’avaient pas encore avoué leur homosexualité à leurs proches et certains souffraient aussi de graves maladies. Ils ont tous accepté de remplir un dossier et de donner aux chercheurs un accès illimité à leur messagerie.

Ces derniers ont alors développé un logiciel afin d’analyser leurs messages. Il y en avait un peu plus de 50 000 à traiter.

L’outil leur a permis de dégager plusieurs tendances intéressantes.

Vers un détecteur de mensonges ?

L’étude a ainsi montré que les personnes dissimulant un secret avaient souvent tendance à vouloir se comporter… trop normalement, quitte à forcer le trait.

En outre, ces gens utilisaient souvent des mots très négatifs sur un plan émotionnel. Des mots comme « mal », « laid » ou même « méchant ». Ils faisaient en plus beaucoup appel à des formules de causalités comme « parce que », « car » ou encore « si », un peu comme si elles cherchaient à trouver une raison logique de dissimuler la vérité.

Mais ce n’est pas tout car ces personnes avaient en plus tendance à être un peu trop proches des personnes qu’elles souhaitent tenir à l’écart. Un exemple ? Les hommes ou les femmes adultères envoyaient plus de messages à leur partenaire après les avoir trompé.

Qu’est ce que ça veut dire ? Tout simplement qu’il va falloir vous méfier si votre âme soeur commence à vous harceler par mail.

Les recherches menées par Yla et ses collègues ont trouvé un bon accueil dans la communauté scientifiques. Certains chercheurs pensent même que leur programme pourrait à terme donner vie à des systèmes capables de détecter la tromperie et le mensonge automatiquement.

Reste à savoir si ce serait une bonne chose d’intégrer à tel outil à Gmail, Outlook ou même Yahoo.

Mots-clés sociologieweb