Moins de voitures dans Paris… mais plus d’embouteillages !

La mairie de Paris vient de publier des statistiques étonnantes à propos de la circulation automobile dans la capitale. En effet, un véritable paradoxe apparaît entre diminution du nombre de véhicules et augmentation des bouchons en Ile-de-France.

La politique anti-voiture de la municipalité porte ses fruits, puisqu’une baisse de 3,9% du trafic automobile a été constatée intra-muros entre les rentrées 2016 et 2017.

Mais les embouteillages se multiplient et exaspèrent les conducteurs, du fait notamment de la multiplication des chantiers qui perturbe fortement la fluidité de la circulation.

Des chiffres importants recueillis en un an seulement

Comme l’a annoncé jeudi dernier Bruno Julliard, premier adjoint PS d’Anne Hidalgo, « Le débat sur la circulation à Paris est très vif en cette rentrée, comme il y a un an, mais nous enregistrons une baisse de 3,9% sur un an entre les premières quinzaines de septembre 2016 et 2017. »

Il indique également une chute de 3,4% du trafic entre le premier trimestre 2016 et le premier trimestre 2017. Cette baisse atteint également 4% en ce qui concerne la première quinzaine de septembre d’une année sur l’autre.

Premier paradoxe, certains axes destinés à faire office d’itinéraires de substitution après la fermeture des voies des quais ont également rencontré une baisse de fréquentation. C’est le cas du boulevard Saint-Germain, qui devait accueillir une partie du trafic des berges définitivement fermées.

Sur cet axe, l’exécutif parisien comptabilise une diminution de 5,1% du nombre de voitures passantes. « Les automobilistes sont en train de changer de comportement, d’adapter leurs habitudes » explique Bruno Julliard à l’AFP.

La promotion des transports alternatifs comme ligne de conduite

Selon eux, c’est une preuve que les conducteurs ont pris conscience des modifications et évitent les zones compliquées. La mairie a prévu, pour poursuivre en ce sens, de voter plusieurs dispositions pour faciliter les transports alternatifs, comme le déploiement du nouveau vélib électrique, l’extension des zones à 30 à la quasi-totalité de la capitale, des subventions pour la ligne de tramway vers Orly, etc.

Les mesures se faisant par nombre de véhicules à l’heure et par axe routier, ces chiffres paradoxaux ne sont peut-être qu’une « fausse » indication ayant pour conséquence l’augmentation du nombre d’obstacles à la circulation et l’entrée des véhicules dans Paris.

La voie Georges Pompidou par exemple, possède la moitié de sa chaussée réservée aux cyclistes. Qui dit réduction de file pour véhicule, dit inéluctablement réduction de véhicules, et de ce fait révèle un chiffre associé à une mauvaise étiologie.

L’autre paradoxe se constate à travers une hausse du nombre d’embouteillages, qui se révèlent toujours plus fréquents et plus longs. Ce qui accentue, et ça se comprend, le ras-le-bol des conducteurs, dont la campagne ironique #DisLeAAnne lancée par « 40 millions d’automobilistes » bat son plein sur Twitter.

En cause, les chantiers dans la capitale et les retards accumulés. À l’heure de la politique anti-pollution mais également anti-automobilistes, cette augmentation des bouchons peu relatée est certainement plus nuisible à l’écologie qu’une circulation dense… mais fluide.

Le record de bouchons a même été battu le 19 septembre dernier, avec 546 kilomètres cumulés en région parisienne. Un chiffre incroyable atteint vers 9 heures pour une situation exceptionnelle suite à de multiples accidents, accompagnés d’un mauvais temps qui n’a rien arrangé.

D’autres hypothèses peuvent être posées, comme le manque de civisme qui participe à « l’anarchie » aux heures de pointe par exemple. C’est surtout sur l’avenir qu’il faut plancher, sans taper systématiquement sur l’automobile. La limitation à 30 km/h sera étendue dans la capitale. Va-t-elle permettre de fluidifier le trafic ? Le débat est ouvert !