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Contenus sponsorisés : du charlatanisme 2.0 ?

L’autre jour, un étudiant journaliste m’a téléphoné pour avoir des informations sur la manière dont on peut monétiser un blog. La discussion était agréable et mes réponses à ses questions franchement pitoyables. Oui, je n’étais pas en forme, mais je suis vite passé à autre chose. Jusqu’à ce que je tombe sur cet excellent article sur The Inquirer au sujet d’une étonnante histoire entre la blogueuse Capucine et la plateforme eBuzzing. Ce qui m’a évidemment donné l’idée de ce billet et l’envie de parler des contenus sponsorisés…

Les blogueurs, ces filles faciles

Pour reprendre le célèbre adage, il faut savoir que la plupart des blogueurs sont des putes. Oui, sauf que certains sont évidemment plus abordables que les autres et se contenteront de 40 euros pour la totale alors que d’autres seront un peu plus exigeants et monnayeront leurs services plusieurs centaines d’euros. Bah oui, quand on est une célébrité dans la blogosphère, on ne s’allonge pas facilement.

Précisons évidemment que votre humble serviteur est complètement compris dans le lot. Et ouais, moi aussi je suis une pute et j’ai plusieurs fois cédé à la tentation du billet sponsorisé commandé par ma copine la plateforme qui ne pense évidemment qu’à améliorer mon pouvoir d’achat.

Bah quoi, si « les plateformes de mise en relation annonceurs / blogueurs » (on pouvait pas trouver plus long) me tutoient, c’est qu’on est copain, non ?

Donc les blogueurs sont des cibles faciles. Et pour cause, puisque ce sont des êtres humains vulnérables, fragiles, qui doivent aussi payer leur loyer et qui ont parfois du mal à faire face à toutes leurs factures.

Faut pas croire, les enfants, si le blogueur est une pute, alors la société est son maquereau. Et si nous sommes parfois tenté d’écarter les cuisses, c’est tout simplement parce qu’elle ne remplit pas son rôle et qu’elle ne nous protège pas comme elle le devrait. Oui et quand nous osons lui tenir tête, on finit invariablement par s’en prendre plein la gueule.

Cela dit, amis blogueurs, faites quand même attention parce que nous allons voir que les offres de ces plateformes sont parfois discutables.

Les billets sponsorisés ne valent rien

La rémunération d’un billet sponsorisé diffère d’un blogueur à un autre. Tout se joue en fonction de son trafic et de son public. Là où les régies publicitaires proposeront à certains blogueurs un billet sponsorisé à 250 €, un autre blogueur pourra toucher 2000 € pour la même chose. Comme dirait l’autre, nous n’avons pas tous les mêmes valeurs, hein…

Mais le plus drôle, finalement, c’est que le billet sponsorisé ne vaut rien.

Non parce que bon, messieurs les annonceurs, il faut quand même vous réveiller et ouvrir un peu les yeux : personne ne lit un billet sponsorisé. Enfin franchement, les gars, quand vous voyez un article marqué « sponso » tomber dans votre agrégateur, vous n’allez pas me dire que vous vous jetez dessus, hein ? Non, vous faites comme tout le monde et vous le zappez très très vite.

Alors évidemment, ces plateformes ne vont pas s’en vanter. Bien au contraire, elles vont vous sortir un charabia technico-commercial en vous vantant les mérites du marketing alternatif, de son impact sur l’internaute moyen et sur le ROI (Retour sur investissement) de l’annonceur qui donne ainsi un coup de jeune à sa marque et tout un tas d’autres inepties.

En même temps, on les comprend, si elles disaient la vérité, elles auraient beaucoup de mal à fourguer leurs services. D’un certain sens, on peut donc dire que c’est du charlatanisme 2.0 : on vend du vide, mais on enrobe le tout avec un plan de comm’ histoire d’avoir l’air branché et utile.

Cela dit, les putes numériques que nous sommes aurons remarqué que ces plateformes ont tendance à proposer de moins en moins d’articles sponsorisés. Et si elles vous diront sans doute que c’est de la faute de la crise (elle a bon dos), on ne manquera pas d’émettre l’hypothèse que les annonceurs perdent peut-être confiance.

Tout est un effet de mode, surtout depuis ces quinze dernières années.

Mais attention, parce que si les billets sponsorisés ne valent rien pour les annonceurs, ils peuvent s’avérer très dangereux pour les blogueurs. Surtout pour ceux qui en publient toutes les semaines ou qui ne sont pas très regardant sur la thématique abordée par ces derniers. Les lecteurs ne sont pas dupes et ils peuvent très vite aller voir ailleurs.

Les vidéos sponsorisées ne valent rien

Donc le billet sponsorisé, c’est un peu de la merde. Avec un bel emballage parfois, certes, mais de la merde quand même. Et c’est donc un peu pour ça qu’on en trouve de moins en moins, les annonceurs n’étant pas dupes et sachant de plus en plus à quoi s’en tenir.

Et c’est comme ça que « les plateformes d’échangisme annonceurs / blogueurs » ont inventé la vidéo sponsorisée.

Le concept est identique mais fait beaucoup plus branché. Bah oui, les filles, proposer de nouveaux médias, ça fait quand même plus web 2.0. Et c’est ensuite plus facile de se palucher entre marketeux en herbe (« ouaiiiis, tu voiiiis, quoiiii, c’est trop un bon concept les vidéos, t’es troooop 2.0 quoiiiii »).

Mais en même temps, on les comprend. Se taper des billets sponsorisés sur la dernière Renault, c’est merdique, mais se taper des vidéos sponsorisés sur le sujet, c’est franchement trop la classe.

Sans compter que ces vidéos sponsorisées améliorent grandement l’expérience utilisateur. On est là, au boulot, planqué derrière l’écran de son ordinateur, en train de glander sur le dernier blog à la mode retenu par la sélection très pertinente de Pixmania quand soudain… soudain… BAM ! La putain de vidéo sponsorisée se met en marche et commence à hurler dans les enceintes.

Et pourquoi ? Tout simplement parce qu’on a voulu cliquer sur le lien situé en fin d’article et qu’on a eu le malheur de passer le curseur de la souris sur un coin de cette vidéo. Oui et le plus beau, dans l’histoire, c’est que le blogueur a quand même gagné 0.000001 euros. Pinaize, ça valait bien le coup de faire chier ses lecteurs, non ?

Faut dire, avec les vidéos sponsorisées, ces régies ont vraiment fait fort. Non parce que bon, le billet sponsorisé c’est peut-être de la merde mais ça rapportait encore un peu aux blogueurs. Alors que là, la vidéo sponsorisée, c’est de la merde et elle ne rapporte en plus rien à l’éditeur de contenu (ça fait plus sérieux que « blogueur » et ça évite une répétition).

En gros, donc, on se fait enfiler… deux fois.

Et les espaces publicitaires alors ?

Contrairement à l’impression que pourrait vous donner mon article, je n’ai rien contre la monétisation des blogs. Bien au contraire, si l’on peut joindre l’utile à l’agréable et gagner un peu de fric avec sa passion, c’est parfait. D’ailleurs, la Fredzone me permet d’arrondir mes fins de mois et de payer certaines factures, je serais donc bien hypocrite de cracher dans la soupe.

En revanche, il ne faut pas monétiser son blog n’importe comment et surtout pas à n’importe quel prix. Comme pas mal de monde, je me suis laissé abusé, j’ai fait des concessions, des erreurs.

Et ce que j’ai appris, c’est que le meilleur moyen de monétiser son blog, et le plus juste aussi, c’est de passer par des espaces publicitaires et par des régies comme Google adSense qui vont vous rémunérer au clic. Là, pas besoin d’être conciliant, on écrit ce qu’on veut, comme on veut et on encaisse quand même. Faut juste respecter un règlement et roulez jeunesse.

En tout cas, c’est ce que j’ai retenu de ces trois années de blogging. Les contenus sponsorisés, j’ai testé et ils peuvent se les garder. Pour moi, des plateformes de ce type ne sont rien de plus que des parasites qui cherchent à bouffer sur le dos des blogueurs et des annonceurs.

Et d’un certain sens, ça me rappelle un peu la bulle 1.0 et l’époque merdique où tout le monde se jetait sur la publicité en ligne. On pensait que c’était le nouvel Eldorado, qu’on pouvait se faire plein de fric sans trop investir et on sait ce que ça a donné.

On s’est juste planté.

Et on se plantera encore.

Mots-clés blogmonétisation

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Fred

Floodeur compulsif, est très actif sur Twitter ou encore sur Facebook. Sachez en outre que la Fredzone a une page sur Google+.