Non, la 5G n’a pas tué une centaine d’oiseaux aux Pays-Bas

Il y a environ une semaine, plus d’une centaine d’oiseaux sont subitement morts dans un parc de La Haye, aux Pays-Bas. Une publication sur Facebook d’un internaute anti-5G accuse cette nouvelle génération de communication mobile d’avoir provoqué la tragédie. Sur un toit, face au parc, se trouve effectivement une antenne. Celle-ci est liée à la gare afin de mesurer sa portée et de savoir si l’équipement ne produit aucune nuisance.

La publication tend à faire croire que le mal est déjà fait. En plus des oiseaux morts, les canards, nageant à proximité, semblent aussi réagir étrangement. Ils plongent tous ensemble la tête sous l’eau comme pour échapper à la radiation tandis que d’autres essaient de s’échapper et atterrissent dans la rue ou dans le canal.

Oiseaux

Désormais, l’accès au Huijgenspark est interdit aux chiens par la municipalité, sous la crainte d’un empoisonnement local. Plusieurs équipes de scientifiques y travaillent déjà et, bientôt, les premiers résultats seront publiés.

Les tests n’ont pas encore eu lieu

Sharon Lexmond, du refuge pour oiseaux De Wulp, a examiné les oiseaux. Elle a précisé que « tous leurs estomacs étaient vides. » « Les seules blessures internes étaient celles du foie, probablement dues à leur chute.  Nous excluons la grippe aviaire et le virus usutu ». « Les oiseaux ont dû manger quelque chose qui leur a donné la nausée et a provoqué leur mort, ce qui expliquerait leurs estomacs vides », a-t-elle poursuivi.

Par ailleurs, l’expérimentation n’a pas encore eu lieu aux alentours du parc. L’agence gouvernementale néerlandaise a déclaré que « des sites d’essai existent aux Pays-Bas, y compris à La Haye, mais très loin du Huijgenspark. Scientifiquement, il n’y a aucune raison de soupçonner la 5G ». Cette dernière est censée marquer une avancée technologique considérable en matière de débit.

Des oiseaux d’une grande sensibilité

« La disparition de tant d’étourneaux n’a rien de bizarre », a expliqué Anouk Decors, responsable scientifique au sein de SAGIR, un réseau de surveillance des maladies de la faune sauvage. « En France, plusieurs signalements sont aperçus au cours des cinq dernières années sur les étourneaux qui tombent de leur dortoir ou du ciel ».

« En journée, ces oiseaux sont conditionnés pour le vol de groupe. Les dortoirs brutalement réveillés au milieu de la nuit deviennent un théâtre de mouvements de panique, d’autant que leur vision nocturne est mauvaise », a-t-il ajouté. « Nous n’avons pas encore d’explication, car il ne s’agit pas d’une piste infectieuse ou toxicologique. Les soupçons peuvent se porter sur des perturbations acoustiques, ou d’une sensibilité particulière, mais rien ne permet d’établir une preuve ou un lien de cause à effet ».

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