On a trouvé un réservoir d’eau douce sous l’Atlantique

Au large de la côte nord-est des États-Unis, sous l’océan Atlantique, des chercheurs ont découvert un gigantesque réservoir d’eau douce ou « aquifère ». Depuis 1970, les scientifiques se doutaient déjà que ce type de formation géologique existait dans cette zone, mais ils ne savaient pas exactement où.

« Nous savions qu’il y avait de l’eau douce là-bas dans des endroits isolés, mais nous ne connaissions ni l’étendue ni la géométrie », a déclaré Chloe Gustafson, candidate au doctorat en géologie marine et géophysique à l’Observatoire de la Terre de Lamont-Doherty, et principale co-auteure de l’étude.

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Maintenant que c’est chose faite, le mystère demeure encore concernant la taille exacte de l’aquifère, mais d’après les chercheurs, cette formation géologique pourrait faire partie des plus grandes. Les experts estiment en effet qu’elle pourrait couvrir une surface de près de 350 km2.

Que sait-on des aquifères ?

L’étude concernant cet aquifère a été publiée le 18 juin dernier dans la revue Scientific Reports. Les chercheurs y avancent que l’eau douce contenue dans la formation géologique date de l’époque glaciaire.

Mais comment s’est-elle retrouvée là ?

L’article publié par les scientifiques explique qu’il y a environ 20 000 à 15 000 ans, la température a commencé à monter et a fait fondre la glace qui recouvrait le nord-est des États-Unis. D’importantes quantités de sédiments ont alors été emportées par les eaux pour former des deltas de rivières où se sont retrouvées enlisées de grandes poches d’eau douce provenant des morceaux de glaciers en fusion.

Le niveau de la mer a ensuite augmenté et ce réservoir atypique d’eau douce s’est retrouvée prise au piège sous l’océan.

Une découverte passionnante

Pour étudier la zone et repérer l’aquifère, les chercheurs ont mesuré les champs électromagnétiques des fonds marins en y larguant les instruments. Ils ont également utilisé un outil qui mesure les réactions du sous-sol en émettant des impulsions électromagnétiques artificielles.

La combinaison de ces deux méthodes a permis aux experts de repérer l’eau douce sous la mer. Il se trouve en effet que comme l’eau salée conduit les ondes électromagnétiques mieux que l’eau douce, les flaques sous-marines d’eau douce apparaissaient comme une bande de faible conductance.

Il s’agit d’une découverte d’une grande importance, car comme l’explique Kerry Key, géophysicien à l’Observatoire de la Terre Lamont-Doherty de l’Université Columbia à New York et autre co-auteur de l’étude, cette eau douce sous-marine pourrait représenter une importante « ressource » d’eau potable pour les régions sèches telles que la Californie du Sud, l’Australie, le Moyen-Orient ou bien l’Afrique Saharienne.

Mots-clés géologie