On pense savoir pourquoi l’armée de terre cuite est aussi bien conservée

Les scientifiques se sont longtemps interrogés sur l’excellent état de conservation de l’armée de Terracotta, ces milliers de statues faites en terre cuite, comprenant des répliques à taille réelle de soldats avec leurs armes et même des chevaux.

On savait que les statues étaient protégées par une laque qui les recouvrait, du moins pour les parties exposées telles que la céramique qui les constituent et les pièces tendres comme le bois des manches de sabres et la tige des flèches.

On pense savoir pourquoi l'armée de terre cuite est aussi bien conservée

Crédits Pixabay

Mais ce qui intriguait vraiment les chercheurs c’était la technique qui a été utilisée pour protéger les parties faites en bronze, telles que les fers de lance, et les pointes de flèches qui ont gardé un excellent poli et une brillance exceptionnelle malgré des centaines d’années passées sous terre jusqu’à leur découverte.

Les anciens Chinois ont-ils découvert un procédé pour lutter contre la rouille ?

Le site de l’armée de terre cuite a été mis à jour en 1974 près de la ville de Xi’an en Chine. C’est un ensemble funéraire constitué de plus 8.000 soldats armés faits d’argile cuite, de chars d’attaque, de chevaux, d’acrobates, et même de musiciens, enterrés pour accompagner le premier empereur chinois, Qin, dans son mausolée et le protéger dans l’au-delà.

En découvrant l’excellent état de conservation des différentes pièces, et plus particulièrement le bronze qui servait pour les armes, les chercheurs les ont analysés et ont trouvé qu’il était recouvert d’une fine couche de chrome qui le protège de la rouille. Ils ont alors pensé que c’était un procédé avant-gardiste que les Chinois avaient mis au point.

En effet, un tel procédé, qu’on appelle la chromatation, n’a été breveté que beaucoup plus tard, au cours du 20e siècle, alors que les statues de l’armée de Qin ont été réalisées au 3e siècle av. J.-C. Ce qui suppose que les Chinois étaient détenteurs d’un secret antirouille de pointe.

Le sol de Xi’an serait finalement le responsable

En voulant mener leurs recherches plus loin, les archéologues de l’University College de Londres ont procédé à une comparaison. En simulant l’altération de répliques en bronze des armes, ils sont parvenus à la conclusion que c’était le sol de Xi’an qui était propice à l’excellent état de conservation des armes de bronze.

En effet, après quatre mois passés dans un sol du site de Xi’an, les répliques sont restées presque intactes, alors que des répliques enterrées dans un sol britannique étaient sujettes à une rouille avancée. Et ce, même si les deux échantillons étaient soumis aux mêmes conditions de température et d’humidité extrêmes.

Les scientifiques en ont conclu que c’étaient les propriétés mêmes du sol dans lequel les statues étaient enterrées qui ont abouti à cet état de conservation remarquable. Et même si les parties en bronze étaient en partie recouvertes d’une fine couche de chrome, c’était le fruit d’une contamination par les composants de la laque utilisée pour la céramique et le bois, mais ce n’était pas un procédé intentionnel comme on le penserait.

Mots-clés archéologie