Orange / Bouygues Telecom : l’échec des négociations a coûté cher aux opérateurs

Orange et Bouygues Telecom ne vont finalement pas avoir l’occasion de consommer leur union. L’information est tombée durant le week-end, froide et brutale, les deux géants des télécoms ne sont pas parvenus à trouver un accord et leurs négociations se sont ainsi soldées par un cuisant échec. Un échec qui a d’ailleurs eu des effets… inattendus sur le marché puisqu’il a fait perdre un peu plus de 10 milliards d’euros aux quatre opérateurs.

Martin Bouygues et Stéphane Richard ont annoncé la fin des négociations vendredi dernier. Les raisons invoquées ? Elles sont nombreuses.

Orange Bouygues

L’échec des négociations entre orange et Bouygues a coûté cher aux opérateurs.

En réalité, il y avait même de nombreux points de blocage, notamment au niveau de la répartition des actifs.

Il subsistait de nombreux points de blocage

Pour que l’accord soit validé par l’autorité de la concurrence, il fallait effectivement que les actifs de l’opérateur soient répartis entre ses trois concurrents. Free devait notamment hériter de son architecture mais ce point a posé problème car Illiad n’était pas intéressé par les antennes de Bouygues Telecom, seulement par leur emplacement.

Autre problème et pas des moindres, SFR et Free étaient aussi censés signer un accord de mutualisation portant sur leurs réseaux. Mais voilà, les discussions entre les deux opérateurs ont été assez houleuses et Xavier Niel aurait notamment ajouté de nombreuses conditions totalement inacceptables pour SFR.

Comme si cela ne suffisait pas, Martin Bouygues n’aurait pas non plus accepté de négocier sur le prix de la transaction, et notamment sur la valeur de ses actions.

Mais il y a aussi un troisième point qui a bloqué les négociations entre les opérateurs : le risque d’exécution. En cas d’accord, c’était effectivement à l’Autorité de la Concurrence de trancher et de valider la vente. Le problème, c’est que cette décision n’aurait pas pu se faire sans une étude poussée et il aurait donc fallu attendre encore plusieurs mois avant qu’elle ne soit validée, totalement ou partiellement.

Et ça, bien sûr, c’était sans compter sur les nombreuses fixées par l’Etat. Craignant pour ses actions, Bercy a effectivement imposé des conditions très strictes à Martin Bouygues, des conditions difficilement acceptables. Le sujet avait d’ailleurs été évoqué dans cet article.

Les prix des forfaits risquent de remonter très vite

Orange et Bouygues Telecom ne sont donc pas parvenus à un accord et cela n’a visiblement pas plu aux investisseurs. La valeur du titre de l’entreprise a effectivement perdu plus de 16% de sa valeur dans les heures qui ont suivi l’annonce, ce qui correspond à une perte de 2 milliards d’euros.

La situation n’est pas plus mirobolante du côté des autres opérateurs puisque leurs titres ont affiché un total de pertes en capitalisation de 8,7 milliards d’euros depuis vendredi, pour un total de 10,7 milliards environ.

Les analystes ne sont pas plus optimistes. Ils pensent effectivement que cet échec place Bouygues Telecom dans une situation délicate. Les activités de l’opérateur ne lui rapportent effectivement pas assez pour qu’il puisse continuer la compétition.

Et pour les consommateurs alors ? Stéphane Richard pense que les prix vont rapidement remonter afin de permettre aux opérateurs de regagner des marges. Il a d’ailleurs cité pour exemple le Danemark où les prix des forfaits a grimpé en flèche suite à l’échec du projet de passer de quatre à trois opérateurs.