Où l’on reparle des vaisseaux extraterrestres propulsés par des trous noirs

David Kipping, un astronome travaillant pour la Columbia University a récemment décrit un concept étonnant dans une étude publiée chez Arxiv : le Halo Drive. D’après lui, il serait en effet théoriquement possible d’utiliser l’énergie des trous noirs pour atteindre des vitesses incroyables.

Il est bien loin le temps où les amateurs de science-fiction étaient vu comme des marginaux infantilisés.

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Il suffit d’ailleurs de prendre le temps d’examiner les projets spatiaux de ces trois dernières décennies pour s’en convaincre.

Les trous noirs comme système de propulsion

Désormais, nous sommes capables d’envoyer des sondes se poser sur des astéroïdes en mouvement et nous pouvons même prendre en photo les levers de soleil des autres planètes de notre système.

Plus fou encore, l’humanité pense même être en mesure d’établir des colonies spatiales avant la fin de ce siècle.

David Kipping se passionne lui aussi pour les voyages spatiaux depuis plusieurs années et il a récemment décrit une méthode de propulsion théorique extrêmement originale. Une méthode qui permettrait à un vaisseau spatial d’atteindre des vitesses totalement folles.

D’après le chercheur, pour être en mesure d’explorer l’espace et les autres systèmes stellaires, il est impératif de répondre à deux grands défis, à savoir le temps et l’énergie. Des voyages trop longs peuvent en effet s’avérer dangereux pour les équipages et la question de l’énergie ne doit pas non plus être négligée. Encore moins sur des voyages longue distance.

Le professeur Kipping pense précisément que son Halo Drive serait tout à fait en mesure de répondre à ces deux problématiques. C’est en tout cas ce qu’il a confié à Universe Today :

« Les voyages interstellaires sont l’un des défis techniques les plus difficiles que nous puissions envisager. Bien que nous pouvons envisager un voyage entre les étoiles sur des millions d’années – ce qui est légitimement un voyage interstellaire – pour effectuer des voyages sur des périodes de plusieurs siècles ou moins, une propulsion relativiste est nécessaire. »

Un concept théorique difficile à mettre en oeuvre

Seul problème, atteindre une vitesse suffisante pour rallier deux étoiles en quelques siècles nécessite une puissance que nous n’avons pas. Et c’est précisément ce qui a poussé le chercheur à se pencher sur ce concept.

D’après lui, les trous noirs binaires pourraient être utilisés comme des frondes gravitationnelles pour propulser un vaisseau spatial à une vitesse impossible à atteindre autrement. Oui, mais pas seulement. Dans sa note, le chercheur cite aussi les miroirs gravitationnels :

« Le trou noir binaire est donc constitué de deux miroirs géants qui tournent l’un autour de l’autre à une vitesse potentiellement élevée. Le Halo Drive exploite cela en faisant rebondir les photons du miroir ; à mesure que le miroir vous approche, les photons rebondissent, vous poussant le long du chemin, mais dérobant également une partie de l’énergie du trou noir binaire. (…) En utilisant cette configuration, on peut récolter l’énergie binaire du trou noir pour la propulsion. »

Bien sûr, tout cela, c’est en supposant que nous parvenions à construire un vaisseau capable de résister à l’influence gravitationnelle d’un trou noir.

Le concept ne manque en tout cas pas d’intérêt. En réalité, si une civilisation extraterrestre existe réellement quelque part et si cette dernière mène des voyages interstellaire, alors il est fort probable qu’elle utilise un système de propulsion de ce type. C’est du moins ce que sous-entend l’étude.

Il faut d’ailleurs noter que David Kipping n’est pas le premier à s’intéresser aux trous noirs.

Louis Crane, un mathématicien de la Kansas State University, pense aussi que les trous noirs peuvent être utilisés pour effectuer de longs voyages spatiaux et il pense même que le SETI aurait tout intérêt à pousser ses recherches en la matière.