Pottermore a ouvert ses portes ! Enfin pas complètement…

Aux dernières nouvelles, Pottermore était censé ouvrir en avril et, une fois n’est pas coutume, la rumeur disait vrai. Car en effet, chers amis magiciens (même ceux de Serpentard), Pottermore vient tout juste d’ouvrir ses portes. Stupefixant, non ? Carrément, d’autant plus que le réseau social dédié à Harry Potter est disponible dans toutes les langues du monde, à l’exception évidemment du Fourchelang. Mais avant de vous réduire, sachez tout de même qu’il ne s’agit que d’une demie ouverture. Et c’est typiquement le genre de choses qui me met de très mauvaise humeur…

Pottermore a ouvert ses portes ! Enfin pas complètement...

Pottermore : une inscription qui nous met dans le bain

Faut bien l’avouer, j’ai beaucoup apprécié mes premières secondes sur Pottermore. Le service profite effectivement d’une interface très travaillée et complètement en adéquation avec les romans de Rowling. Rien que pour l’inscription, on prend franchement son pied. Oui, enfin jusqu’à l’étape où il est question de choisir notre nom de sorcier. Car en effet, il faut savoir que Pottermore ne nous permet pas de choisir le nom de notre choix (dommage, je le sentais bien le « VolDeM0rt666″). Afin de protéger les gentils n’enfants, le service préfère effectivement nous faire choisir entre plusieurs propositions. Bon, jusque là, ce n’est pas non plus la mort mais les noms en question sont franchement foireux. Tenez, pour moi, le service m’a proposé : « ChatLumos22373″, « NoisetierNoix15436″, « NoisetierNight1465″, « VignePhénix13010″ et « EtoileBlade18520″.

Okay, c’est nul, franchement nul et autant dire que je ne vais évidemment pas vous indiquer quel pseudonyme a retenu mon attention. Et non, parce que j’y tiens drôlement à ma réputation numérique, moi.

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Pottermore : un réseau social, vraiment ?

Une fois notre nom d’utilisateur choisi, on doit ensuite attendre de recevoir le mail de confirmation. Mail qui contient un lien qui nous permettra de valdier notre inscription et donc de nous ouvrir les portes du service. Et là, nom d’un Choixpeau, mais quelle déception ! En réalité, Pottermore n’est pas du tout un réseau social. Non, c’est juste un site statique qui nous permet d’en apprendre un peu plus sur l’univers de Harry Potter (genre les marques de chaussettes de Severus) et cela ne va pas plus loin.

Genre pour commencer, vous avez le Pottermore Insider. Pas la peine de rêver, il ne s’agit pas du tout d’un wiki destiné à vous faire découvrir les coulisses des livres et des films. Non, en fait c’est juste un blog bidon disponible uniquement en anglais et qui vise essentiellement à écouler des ebooks (on reviendra sur ce point par la suite). Le tout avec quelques illustrations histoire de nous donner l’impression d’être face à quelque chose de construit, d’intelligent et de pertinent. Et attention, parce qu’il y a encore mieux : le Pottermore Insider tourne sous… Blogger ! Whaou, on comprend tout de suite pourquoi il a fallu plusieurs mois de travail à l’équipe en charge du développement du service. Bah oui, réaliser un thème perso pour Blogger, c’est du boulot, hein…

Et après ? Après, rien. Car en effet, en réalité, Pottermore n’est pas complètement ouvert. Non, ça aurait trop simple, pour le moment il est juste possible de s’inscrire sur le service, de parcourir le blog bidon du service et d’accéder à la boutique de livres électroniques et cela ne va pas plus loin. Toute la partie principale portant sur les différents volumes de l’oeuvre de Rowling est inaccessible, il faudra donc attendre de recevoir un nouveau mail pour pouvoir y accéder.

Pottermore a ouvert ses portes ! Enfin pas complètement...

Pottermore : une simple réécriture des livres ?

Cela étant dit, j’ai tout de même mené un peu plus loin mes investigations histoire d’en apprendre davantage sur la partie immergée de l’iceberg. Et en fait, c’est encore pire que ce que je pensais. Cette fameuse partie à laquelle nous n’avons pas accès une fois inscrit, c’est tout simplement une application qui nous permet de relire autrement les différents volumes de la saga. Une lecture linéaire et imposée puisqu’il faudra obligatoirement lire le premier tome pour accéder au second. Et ainsi de suite, cela va sans dire.

Et qu’est ce qu’on trouve dans ces différents livres ? En fait, pas grand chose. Ce sont surtout des anecdotes qui se veulent croustillantes et qui sont essentiellement là pour vous donner envie d’acheter de relire les bouquins. On va ainsi apprendre comment l’oncle et la tante de Harry se sont rencontrés et vivre finalement d’un autre point de vue les aventures du petit sorcier. Le truc qui a l’air assez positif, c’est qu’il s’agit d’aventures illustrées. On se promène donc dans les différents décors des livres et on nous pousse à revivre les aventures de nos héros. Tout ça avec quelques détails sympathiques comme le fait que l’on puisse récupérer des objets et obtenir plus d’informations sur certains détails de l’aventure.

Mais attention car il faut aussi savoir que cette fameuse application n’est pas complète. Non, en réalité, l’équipe en charge de Pottermore injecte au fur et à mesure de nouveaux chapitres et il semblerait que le processus soit assez long puisque tous ceux qui se sont jetés dans la bêta se disent plutôt déçu de l’expérience. Et en même temps, on les comprend complètement. Il faut effectivement avouer que le service souffre de nombreuses incohérences logistiques. Il devait initialement ouvrir ses portes en septembre dernier et il n’est pas encore totalement ouvert au public. Un retard de sept mois, ce n’est vraiment pas anodin.

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Pottermore : juste un plan pour fourguer des ebooks ?

C’est finalement la question qui s’est imposée très rapidement à moi. En dehors du blog et de l’aventure illustrée des aventures de Harry Potter, le seul module accessible, c’est la boutique, connue aussi sous le nom de Pottermore Shop. Et là, autant vous le dire très clairement, les gars ont mis la barre très haut (c’est ironique) puisque les seules choses que l’on peut acheter, ce sont les ebooks en anglais et les livres audio en anglais aussi. Pas de goodies, par de ressources à télécharger, c’est du pur business et autant vous dire que ça coûte très cher. Non parce que bon, 8.48 € pour un ebook et 40.02 € pour un livre audio, ça pique un peu quand même.

Bien heureusement (ça aussi c’est ironique), Rowling et ses amis ont pensé à tous les vrais fans, ceux qui ont la Baguette de Sureau chez eux accrochée au dessus de la cheminée, et il est donc possible d’opter pour la collection complète et de bénéficier ainsi d’un rabais de 10% sur l’ensemble : la collection d’ebooks passe alors à 46.87 € tandis que celle des livres audio passe à 202.99 €. Là, c’est tout de suite plus tolérable, évidemment.

Au final, je me pose plein de questions. Sur le papier, Pottermore avait tout pour réussir : un univers dense, riche, passionnant, une communauté composée de millions de fans, on peut dire qu’il y avait vraiment de quoi faire. Mais au lieu de pousser à fond le concept et de partir sur un vrai réseau social ou même sur un jeu multijoueur en ligne, les instigateurs du projet se sont contentés d’un blog, d’aventures illustrées et d’une boutique en ligne pour dégager encore un peu plus de bénéfices. Alors c’est certain, tant que je n’ai pas testé les romans graphiques, je vais m’abstenir d’émettre un jugement définitif sur la question, mais si l’on ajoute à cela les retards rencontrés, on obtient quelque chose qui ressemble pas mal à un gros foirage dans les règles.

En espérant que la tendance s’inverse dans les semaines et dans les mois à venir, évidemment. Parce que si ce n’est pas le cas, alors je pense que je n’aurais d’autre choix que de balancer des « avada kedavra » en masse.

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Mots-clés pottermoreweb

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Frédéric Pereira

Floodeur compulsif, est très actif sur Twitter ou encore sur Facebook. Sachez en outre que la Fredzone a une page sur Google+.