Oxford Electric Bell, ou l’histoire de la cloche impossible

Une cloche qui est exposée au Laboratoire Clarendon à l’Université d’Oxford en Angleterre a sonné incessamment depuis environ 188 ans. Mais ne vous inquiétez pas, si la pensée du bruit d’une cloche qui ne s’arrête jamais peut être insupportable, cette cloche est heureusement à peine audible, protégée par d’épaisses couches de verre.

La mystérieuse Oxford Electric Bell, ou la Pile sèche de Clarendon (en anglais Clarendon Dry Pile), est considérée comme l’une des expériences les plus anciennes au monde, bien qu’elle n’ait peut-être pas été une expérience à l’origine.

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L’origine de la cloche impossible d’Oxford

Personne ne semble être tout à fait sûr de la composition de sa batterie, qui est la source d’énergie de l’ensemble de l’appareil depuis plus de 18 décennies maintenant. Il y a une note sur la cloche qui dit que l’appareil a été soi-disant mis en place en 1840. Cependant, certaines personnes à l’Université d’Oxford disent que la cloche a peut-être commencé à résonner encore plus tôt, en 1825.

La cloche était le produit de la société Watkins and Hill qui s’occupait de la production de divers instruments, basée à Londres. Elle s’est finalement retrouvée dans les quartiers de l’université à un moment donné au milieu du 19e siècle après avoir été amenée par un professeur de physique de l’Université d’Oxford, Robert Walker, selon le Smithsonian.

La batterie de l’Oxford Electric Bell alimente une petite boule en métal qui oscille rapidement entre la première et la seconde cloche installée, et après tant de décennies, il est difficile de croire qu’elle fonctionne encore. Le dispositif a reçu un Guinness World Record pour avoir la batterie la plus durable au monde. Grâce à cette batterie, la cloche aurait sonné plus de 10 milliards de fois, selon les calculs de l’université.

Des piles qui ne semblent jamais s’épuiser

La batterie de la cloche est faite de piles sèches supposées être d’une composition similaire à certaines des premières batteries électriques au monde, une invention du physicien d’origine italienne Giuseppe Zamboni du début du 19e siècle. Parce que le mouvement du clapet métallique suspendu qui se déplace entre les deux cloches utilise des forces électrostatiques, le système peut fonctionner en continu en utilisant seulement de faibles courants d’électricité. La batterie utilise probablement des disques alternatifs ou des couches d’argent, de zinc et éventuellement d’autres matériaux. Ceux-ci sont isolés avec du soufre, les protégeant de l’humidité notamment.

Cependant, ce qui est précisément à l’intérieur de la batterie est l’une des questions les plus brûlantes pour ceux qui meurent d’envie de connaître tous les détails du mécanisme mystérieux. A. J. Croft, ancien chercheur au Laboratoire Clarendon, a décrit l’appareil dans un article publié en 1984 pour le European Journal of Physics :

« On ne sait pas exactement de quoi sont faites les piles, mais il est clair que l’enrobage extérieur est fait de soufre, ce qui assure l’étanchéité des cellules et de l’électrolyte. Des piles semblables ont été faites par Giuseppe Zamboni, dont les batteries étaient constituées d’environ 2.000 paires de disques de feuille d’étain collés sur du papier imprégné de sulfate de zinc et enduits de dioxyde de manganèse. Les piles, bien sûr, ne sont pas complètement sèches, mais contiennent la bonne quantité d’eau pour fournir l’électrolyte sans provoquer de court-circuit. »

À quand le démontage de la formidable cloche ?

Les chercheurs hésitent à ouvrir la mystérieuse Oxford Electric Bell, car la perturbation pourrait « ruiner une expérience juste pour voir combien de temps elle va durer. » Selon A.J. Croft, il est peu probable que l’énergie électrochimique du dispositif puisse s’épuiser, mais le clapet de la cloche pourrait s’user. C’est donc lorsque la cloche cessera de sonner que nous serons en mesure d’examiner ses rouages intérieurs de plus près.

Est-ce que les chercheurs trouveront le mécanisme suffisamment utile pour développer de nouveaux types de batteries ? Probablement non ! À ce jour, de nombreux nouveaux types de batteries ont été conçus et produits, dont certains des derniers modèles proposés sont carrément futuristes. Des scientifiques de l’Institut Cabot de l’Université de Bristol travaillent par exemple sur une batterie en diamant fabriquée à partir de déchets nucléaires. La durée de vie de cette batterie devrait être incroyable, et si les scientifiques ont raison, elle devrait fonctionner pendant des milliers d’années.

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