Perpignan : deux hommes poursuivis pour avoir violé une femme et diffusé la vidéo sur Snapchat

Deux hommes, l’un de vingt-cinq ans et l’autre de vingt et un ans, ont été déférés devant la cour d’assises à Perpignan. Ils sont poursuivis pour « viol en réunion », « atteinte à l’intimité » et « renseignement sur l’identité d’une victime ». Ils auraient violé une jeune femme tout en diffusant leur crime en direct sur Snapchat. Des milliers de signalements avaient permis à la police d’identifier les lieux et de procéder à l’arrestation.

Presque trois ans après les faits, la justice va enfin statuer sur le sort des agresseurs. Ces derniers encourent vingt ans de réclusion pour viol aggravé et cinq ans de prison ferme pour la diffusion des images. Le procès a débuté le jeudi 13 décembre 2018 et se poursuivra pendant trois jours. Le verdict est attendu lundi, à la cour d’assises des Pyrénées-Orientales.

Snapchat

Jusqu’à l’intervention de la police, la vidéo était toujours en ligne. Elle a énormément choqué les utilisateurs de l’application. Cependant, les deux accusés soutiennent toujours que la victime a consenti à l’acte.

Elle était totalement inerte

Le 3 janvier 2016, vers quatre heures du matin, des policiers de Perpignan ont été prévenus d’un viol qui a lieu en direct sur un réseau social.

Plusieurs signalements ont été effectués, en même temps, par des milliers d’internautes. Grâce à la vidéo, la police a pu localiser le lieu de l’agression, dans le quartier Serrât d’En Vaquer. Les agents ont procédé à l’arrestation vers six heures du matin.

À l’arrivée de la police, la jeune fille de dix-neuf ans était totalement inerte pendant que ses agresseurs lui faisaient subir un calvaire. Elle a consommé énormément d’alcool et du viagra en poudre.

La victime a immédiatement été évacuée à l’hôpital tandis que les deux hommes ont été placés en garde à vue.

L’affaire revient sur le devant de la scène

D’après l’avocat de la victime, Philippe Capsié, sa cliente demande un procès à huis clos. La diffusion de la vidéo et la forte médiatisation de l’affaire l’auraient beaucoup marqué, après toutes ces années.

Ainsi, le procès se tiendra en privé. La plaignante, fragilisée et tourmentée depuis ce qui s’est passé, sera donc à l’abri du public et des médias. « C’est impossible d’oublier », a expliqué l’avocat. « L’échéance judiciaire est un rappel violent, le retentissement est d’autant plus fort aujourd’hui, car l’affaire revient sur le devant de la scène », a-t-il ajouté.

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