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Pour Facebook, certains passages de la Déclaration d’Indépendance sont assimilables à un discours de haine

Chaque matin du 24 juin au 4 juillet dernier, The Liberty County Vindicator prévoyait de poster des extraits quotidiens de la Déclaration d’Indépendance écrite par Thomas Jefferson sur Facebook. Le journal texan voulait proposer aux internautes de lire le document historique en douze publications. À sa grande surprise, la dixième partie, comprenant les paragraphes 27 à 31, a été censurée par Facebook.

Le post aurait ainsi été supprimé automatiquement par l’algorithme de modération de Facebook. The Vindicator a reçu un avis automatisé selon lequel la publication va à l’encontre de ses normes sur le discours de haine. Selon le journal, ce serait à cause de l’expression « Indiens sauvages » mentionnée dans le document.

Facepalm

The Vindicator a envoyé un message de feed-back à Facebook pour protester contre la suppression. Le jour suivant, le numéro un des réseaux sociaux a rétabli le post et s’est excusé auprès du journal.

Une action incorrecte

« Il semble que nous ayons fait une erreur et supprimé quelque chose que vous avez posté sur Facebook qui ne va pas à l’encontre de nos standards communautaires. Nous voulons nous excuser et vous informer que nous avons restauré votre contenu et supprimé tous les blocs de votre compte liés à cette action incorrecte », a reconnu la plateforme, après avoir examiné le cas.

« Nous n’avons jamais douté que Facebook puisse le réparer, mais nous ne doutons pas non plus de l’utilité de notre agitation à ce sujet », a affirmé The Vindicator, en remerciant le réseau social. Le journal du Texas reconnait que Facebook est une société commerciale, et non le gouvernement. À ce titre, elle a le droit de restreindre l’utilisation de ses services tant que ces restrictions ne violent aucune loi.

Un manuscrit en parchemin découvert en Angleterre

La partie qui a été temporairement censurée comporte ces paragraphes :

« Il transporte en ce moment de grandes armées de mercenaires étrangers pour compléter les œuvres de la mort, de la désolation et de la tyrannie, déjà commencées par des circonstances de cruauté et de perfidie à peine comparables aux temps les plus barbares et totalement indignes d’une nation civilisée. » « Il a contraint nos concitoyens pris en captivité en haute mer à porter des armes contre leur pays, à devenir les bourreaux de leurs amis et frères, ou à tomber eux-mêmes par leurs mains. » « Il a excité des insurrections domestiques parmi nous, et s’est efforcé de faire venir les habitants de nos frontières, les Indiens sauvages impitoyables, dont la règle connue de la guerre, est une destruction indistincte de tous les âges, sexes et conditions. »

Il y a lieu de reconnaître qu’à cette époque, la plupart des colons britanniques ne portaient pas vraiment les Amérindiens dans leur cœur.

Notons que, récemment, un manuscrit en parchemin a été découvert au West Sussex Record Office, dans la ville anglaise de Chichester. Il s’agit de l’unique autre copie manuscrite contemporaine de la Déclaration d’Indépendance sur parchemin à part celle signée aux Archives Nationales à Washington DC.

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