Pour son futur service de vidéo en streaming, Apple piétine sur la question du contenu mature

Cachez ce sein que l’on ne saurait voir. Sur la question du contenu mature pour son futur service de vidéo à la demande, Apple piétine, note The Verge en se basant sur un rapport publié samedi par le Wall Street Journal. On y apprend que la firme de Cupertino patauge quelque peu sur ce projet, qui aurait pu trouver plus vite le chemin de nos salons si Tim Cook avait ouvert les vannes en termes de « sexe gratuit, de langage grossier ou de violence« . Un triptyque des plus répandus chez Netflix, Amazon Prime Video et les différentes chaînes câblées américaines, qu’Apple, lui, rechigne à proposer tel quel sur sa plateforme de VoD à venir.

Selon les sources contactées par le quotidien new-yorkais, le lancement dudit service – bien qu’officiellement toujours fixé à mars 2019 – pourrait être de nouveau reporté, le temps que la firme se mette d’accord avec elle-même sur le type de productions qu’elle avalisera ou non.

Un rapport publié par le Wall Street Journal fait état des difficultés qu’Apple rencontre lorsqu’il s’agit de fixer des limites pour son futur service de VoD, notamment en termes de contenu mature.

A la genèse de cette laborieuse prise de décision, le souci d’une image de marque préservée. Tim Cook aurait notamment, il y a plus d’un an, usé de son veto vis-à-vis de la violence décomplexée de « Vital Signs« , le premier show produit par Apple pour son service de vidéo en streaming. Revenant de manière semi-biographique sur le parcours de Dr. Dre, la série aurait choqué le taulier de Cupertino de par son contenu. « C’est trop violent, Apple ne peut pas diffuser cela« , aurait-il lancé à Jimmy Iovine (alors directeur d’Apple Music). Un an plus tard, les scrupules de Tim Cook semblent toujours refréner les velléités d’Apple sur le secteur de la vidéo à la demande.

L’approche d’Apple jugée « conservatrice et pointilleuse » par ses associés

C’est ce que rapportait Bloomberg l’année dernière déjà, et la chose n’a visiblement pas beaucoup évolué ces derniers mois. La posture pudibonde adoptée par Apple en matière de contenu lui a pourtant valu quelques prises de bec avec certains de ses associés. En début d’année on apprenait par exemple que Brian Fuller (scénariste et producteur à l’origine de séries comme Hannibal, Star Trek Discovery ou encore American Gods), claquait la porte en laissant le reboot de « Amazing Stories » sur les bras d’Apple.

Plus inquiétant peut-être, le Wall Street Journal rapporte que si la démarche d’Apple va à contre courant des tendances actuelles de l’industrie (les équipes de la firme basées à Los Angeles surnomment d’ailleurs leur projet de VoD « la NBC coûteuse« , en référence au groupe audiovisuel américain, lui aussi jugé conservateur et très à cheval sur le politiquement correct de ses contenus), c’est avant tout son manque de vision qui lui coûterait cher.

D’après plusieurs producteurs hollywoodiens contactés par le média, la firme à la pomme n’aurait pas explicitement détaillé quelles sont ses véritables attentes en termes de productions sérielles. La seule consigne serait actuellement d’y aller doucement sur le sexe et la violence, pour le reste, le flou artistique dominerait toujours les débats.

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