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Quand des astrobiologistes tentent de faire à manger en Antarctique

Une équipe de treize scientifiques séjourne au beau milieu de l’Antarctique pour une mission liée la recherche sur le changement climatique. La délégation DC14, menée par le l’astrobiologiste et glaciologue français Cyprien Verseux, vit sur la station Concordia. Sur son blog, Mars la blanche, Cyprien décrit l’endroit comme « la base scientifique la plus isolée du monde ». A part les analyses d’échantillons et l’observation des manchots, il s’est trouvé une autre distraction.

Aidé par ses collègues, le scientifique essaie de cuir ou de préparer des recettes sous la température glaciale de -70°C. Il prend en photo différents types d’aliments pendant la congélation.

Lac subglaciaire

Le froid est tellement intense que la nourriture se solidifie en l’air, défiant ainsi la gravité, avant même d’arriver dans la bouche ou son assiette. Sur son blog, il partage les images de ses expériences culinaires hors du commun. Dans cet endroit où même les bactéries ne peuvent pas survivre, il est presque impensable se faire une bonne tartine au Nutella ou de simples œufs brouillés.

Le bout du monde

Sur Twitter, Cyprien a partagé une photo de lui tenant un plat de spaghettis semblant voler dans les airs. « Je m’en doutais que déjeuner sur le toit n’était pas une bonne idée », a-t-il commenté.

« Même la Station spatiale internationale, où des astronautes séjournent en ce moment à environ 400 km au-dessus de la Terre, est plus proche du reste de la civilisation », a souligné le chercheur. « Pendant la majeure partie de l’année, il serait plus facile de rapatrier des astronautes que ceux qui vivent ici ».

« C’est la zone la plus froide de la planète, avec des températures pouvant atteindre -80 ° C en hiver », a expliqué le chercheur français. « Nous avons revu le soleil en août après 3 mois sans qu’il ne dépasse l’horizon. »

Outre le froid polaire, il y a également le manque d’oxygène qui rend l’atmosphère plutôt galactique.  « L’air est extrêmement sec et pauvre en oxygène. » « Neuf mois par an, en hiver, [le site] ne peut être ni quitté ni atteint », a-t-il confié à Bored Panda. « Il fait si froid que les véhicules ne peuvent pas aller et venir. »

Un endroit qui intrigue les chercheurs

La délégation est constituée de treize professionnels, dont des techniciens, des scientifiques, un cuisinier et un médecin.

« En dépit d’être dans un désert inhospitalier, Concordia est très attrayant pour les chercheurs de différents domaines tels que l’astronomie, la physiologie humaine (l’Agence spatiale européenne l’utilise pour étudier l’adaptation humaine à ce qui ressemble beaucoup aux conditions futures d’une base lunaire ou martienne), la glaciologie, les sciences de l’atmosphère et la géophysique », a noté le scientifique.

« De plus, grâce à un projet mené ici, nous savons que les niveaux de gaz à effet de serre n’ont jamais été aussi élevés depuis au moins 800 000 ans ».