Quand l’incinération d’une personne décédée radioactive met en danger les employés d’un crématorium

En Arizona, les employés d’un crématorium se sont retrouvés en fâcheuse posture après que leur lieu de travail ait été contaminé par les radiations émises par la crémation d’un patient. L’homme décédé avait fait l’objet d’un traitement radio-pharmaceutique pour son cancer.

D’après l’étude de cas, l’homme en question était âgé de soixante-neuf ans et il souffrait d’une tumeur située au niveau du pancréas.

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Dans l’espoir de le sauver, son cancérologue a fait appel à un traitement radioactif par voie intraveineuse, le lutétium-177 dotatate.

Le patient avait été traité au lutétium peu de temps avant sa mort

Malheureusement pour l’homme et ses proches, le traitement en question n’a eu aucun effet et le patient a rendu son dernier soupir quarante-huit heures plus tard dans un autre hôpital. Le changement d’établissement a bien entendu son importance dans l’histoire.

L’équipe en charge du patient après sa mort n’a en effet pas informé le salon funéraire de son traitement. L’homme a donc été incinéré cinq jours plus tard sans que personne ne s’en inquiète.

Kevin Nelson, l’auteur de l’étude citée plus haut, a fini par avoir vent de l’histoire et ils ont immédiatement fait remonter l’info au Bureau de contrôle des radiations de l’Arizona.

Ce dernier a alors envoyé une équipe pour inspecter le crématorium, craignant que ses employés n’aient été malgré eux exposés à des substances radioactives en prenant en charge la crémation du corps.

Les employés n’ont pas été irradiés

Cela a été le cas. Après avoir analysé les lieux, l’équipe mandatée par le Bureau de contrôle des radiations de l’Arizona a déterminé que la salle de crémation avait été exposée à un rayonnement deux cents fois supérieur à celui subi au niveau de la mer. Toutefois, le niveau des radiations était très localisé et les opérateurs qui ont pris en charge le corps n’ont pas été irradiés.

Ce que l’analyse de leur urine a confirmé par la suite. En outre, selon Kevin Nelson, le lutétium a pour principale particularité de se désintégrer en éléments non radioactifs lorsqu’il est brûlé.

Reste que cette histoire prouve qu’il est impératif de mettre en place des dispositifs afin d’éviter que ce genre de cas ne se reproduise.

Comme l’a indiqué Nathan Yu, le co-auteur de l’étude, à Gizmodo, il est également nécessaire de mener d’autres études pour « évaluer la fréquence et l’ampleur de la contamination radioactive et les effets sur la santé d’une exposition répétée ou à long terme des employés dans les crématoriums aux Etats-Unis ».