Quand Steam laisse passer un jeu de viol, la toile s’enflamme

Steam est la cible de vives critiques depuis quelques heures, et plus précisément depuis que des utilisateurs de la plateforme ont eu la surprise de découvrir un peu par hasard un titre mettant en scène des viols explicites dans son catalogue.

Rape Day, le titre en question, ne fait pas franchement dans le sentimentalisme primaire.

Rape Day

Capture écran Steam

L’histoire se déroule en effet dans un monde apocalyptique peuplée de hordes de zombies.

Rape Day, un titre très critiqué

L’action n’est cependant pas tournée vers nos amis morts-vivants ou même vers la survie. En réalité, Rape Day place le joueur dans la peau d’un violeur sanguinaire dont le seul et unique but consiste à tuer et à violer toutes les survivantes de cette apocalypse.

Le violeur en question doit donc arpenter la ville à la recherche d’une nouvelle victime. Une fois la cible trouvée, il ne lui reste plus qu’à la kidnapper et à lui faire subir ensuite de nombreux sévices.

Si le concept en lui-même suffit à la polémique, c’est aussi et surtout la description du titre qui a provoqué un véritable tollé général.

Selon les détracteurs de Rape Day, elle n’est effectivement pas de très bon goût : « Sautez les préliminaires et profitez de votre journée de viol, vous le méritez ». Pour beaucoup, cette description donne ainsi l’impression que l’éditeur cherchait à légitimer le viol.

Valve, de son côté, n’a fait aucune déclaration. Toutefois, et comme le rappelle Polygon dans son article, l’éditeur avait indiqué l’année dernière qu’il ne comptait pas filtrer les titres disponibles sur son catalogue du moment que ces derniers respectent la loi.

Un titre qui divise

Rape Day ne sera d’ailleurs pas laissé à la vue de tous et le titre sera donc présenté comme étant réservé aux adultes.

De son côté, le développeur estime que ce débat n’en est pas vraiment un. Pour lui, son titre s’inscrit dans une démarche de fiction et il n’a pas pour objectif de légitimer les actes répréhensibles dépeints. Il va même plus loin en disant qu’il ne serait de toute manière pas raisonnable d’interdire le viol dans les œuvres de fiction. Si tel était le cas, alors il faudrait interdire aussi les assassinats et la torture.

En outre, pour lui, les gamers adultes sont tout à fait capables de séparer la fiction de la réalité. Il estime également n’avoir enfreint aucune règle particulière et il pense donc que bannir son titre reviendrait à faire preuve de censure à son égard.

En tout cas, le débat est intéressant, et il est finalement très difficile de ne pas penser aux déclarations de Stephen King à l’occasion de la sortie de la première partie de Ça. Le romancier avait en effet expliqué que certaines scènes décrites dans son livre original ne pourraient plus être publiées à notre époque. Notamment celle décrivant les rapports sexuels impliquant les personnages mineurs du roman.

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