La RATP passe (un peu) à l’open data et libère le plan du métro

Jusqu’à présent, la RATP gardait jalousement la main sur ses données, refusant de les partager avec qui que ce soit. Cela vient tout juste de changer, la régie a effectivement décidé de faire un pas vers l’open data en libérant ses plans. Concrètement, cela veut donc dire que n’importe qui pourra les réutiliser, nous devrions donc rapidement voir fleurir un certain nombre de services et d’applications exploitant ces informations. Une bonne chose, même si les horaires ne font malheureusement pas partie du lot. Pour le moment, du moins.

La RATP passe (un peu) à l'open data et libère le plan du métro

Qu’est ce que l’open data ?

Tout le monde n’étant pas forcément familier de la chose, nous allons prendre la peine d’expliquer brièvement ce qu’est l’open data. Autant ne pas mettre la charrue avant les boeufs. Cette philosophie consiste donc simplement à libérer les données afin qu’elles puissent être réutilisées par d’autres. Des données qui peuvent toucher à beaucoup de choses et qui vont du simple plan d’urbanisme d’une collectivité territoriale au séquençage du génome humain, en passant par les données sur la sécurité sociale de notre pays. L’objectif n’étant pas seulement de libérer les données, mais également de permettre à des programmes informatiques tiers de les exploiter pleinement.

Comme souvent, c’est aux Etats-Unis qu’est né le mouvement de l’open data, dans les années 60, avec une loi sur le libre accès à l’information, le Freedom of Information Act. Il faudra attendre les années 2000 pour que le mouvement commence à percer en France. Notons d’ailleurs que la toute première ville à avoir fait un pas vers l’open data est Rennes. Depuis, l’hexagone a considérablement rattrapé son retard, et nous pouvons même profiter d’un portail dédié depuis l’année dernière : http://data.gouv.fr.

Le truc intéressant, avec l’open data, c’est que tout le monde peut y avoir accès. Tout le monde et donc aussi bien les particuliers que les développeurs. Grâce à ça, nous avons vu fleurir ces dernières années un bon nombre d’applications utiles, innovantes, intelligentes et pouvant même améliorer notre quotidien. L’exemple le plus frappant, c’est sans doute celui de Handimap, une application mobile réalisée par deux bretons et qui permet aux personnes se déplaçant en fauteuil roulant de se déplacer avec plus d’aisance dans la ville de Rennes, tout ça en calculant des itinéraires variants en fonction de plusieurs données ouvertes comme l’emplacement des passages piétons ou encore l’emplacement des trottoirs abaissés.

Et maintenant, au tour de la RATP !

Dans ce contexte, on comprend tout l’enjeu de la décision de la RATP. En ouvrant ses données, elle va permettre à des développeurs de réaliser des services adaptés à nos besoins. A des développeurs, ou même à des entrepreneurs d’ailleurs, car il ne faut pas sous-estimer le potentiel économique de l’open data. Seul bémol, la RATP n’a malheureusement pas libéré toutes ses données. En réalité, les seules informations accessibles touchent à la localisation des stations de métro, aux correspondances,  aux commerces de proximité, ou encore aux relevés de qualité de l’air. Une bonne chose, donc, mais il manque le plus intéressant : les horaires des trains, des rames.

C’est d’autant plus regrettable qu’il s’agissait d’une des données les plus attendues. Sous couvert de faire un pas vers l’open data, la RATP prouve donc une fois de plus qu’elle n’est pas prête à jouer la carte de la transparence totale. Comme dirait l’autre, cette initiative laisse donc un arrière goût d’inachevé.

Enfin, si vous avez envie quand même de vous amuser avec ces données, si vous avez une idée d’application ou de service qui vous trotte dans la tête depuis un moment, sachez que vous pourrez trouver tout ce dont vous avez besoin sur le portail du gouvernement dédié à l’open data et, plus précisément, à cette adresse.

Amusez-vous bien !

Mots-clés open dataweb