Red Dead Redemption 2 : une féministe grisonnante érigée en cible de choix par un YouTuber

Régulièrement prises à parti sur les réseaux sociaux, les féministes semblent également devenir des cibles de choix sur… Red Dead Redemption 2. Prenant place en 1899, l’intrigue de la dernière production de Rockstar – lancée le 26 octobre dernier sur Xbox One et PlayStation 4 -, met en scène les premières militantes pour le droit de vote des femmes. Quelques-unes de ces « suffragettes » américaines, qui n’ont obtenu gain de cause qu’au début des années 20 aux États-Unis, sont présentes dans les rues de certaines villes du jeu, aux côtés de pancartes arborant des slogans égalitaires.

Comme le pointe BFMTV, l’un de ces PNJ (personnages non-joueur), une féministe d’une soixantaine d’années, est devenu le souffre-douleur de « Shirrako », un YouTuber auto-désigné « Roi de la qualité », dénombrant quelques 480.000 abonnés. Au travers d’une série de brèves vidéos aux titres évocateurs, l’intéressé torture virtuellement la militante, en la frappant, en la jetant sous un train, ou en la donnant en pâture aux alligators tapis dans les régions marécageuses du titre.

Présente dans Red Dead Redemption 2, une militante pour le droit de vote des femmes est la cible de choix d’un YouTuber anglo-saxon spécialisé dans les « let’s play ». Ce dernier s’amuse à la violenter virtuellement pour faire des vues.

Publié deux jours seulement après le lancement de Red Dead Redemption 2, « Frapper une féministe irritante« , l’un de ces clips vidéo capturés au cours d’une partie, a déjà été visionné 1.4 millions de fois, avec à la clé une large majorité de likes. Dans les commentaires, de nombreux utilisateurs saluent l’initiative de Shirrako, tandis que d’autres moquent les féministes actuel(le)s, ainsi que certains médias américains jugés complaisants à leur égard.

La liberté offerte par Red Dead Redemption 2… et ses revers

Dans un long article dédié à ces quelques vidéos, Motherboard évoque la liberté offerte aux joueurs dans Red Dead Redemption 2 et reproche à Rockstar de ne pas interdire ce genre d’agissements à l’encontre des féministes dans son jeu. En effet, s’il est impossible de faire du mal à un enfant dans Red Dead Redemption 2, frapper ou tuer une féministe est permis, mais sans jamais être encouragé. Ces actes vaudront d’ailleurs au joueur d’être recherché in-game, et le personnage que l’on incarne dans le jeu verra également sa tête être mise à prix.

Ajoutons que, dans le dernier titre de Rockstar, la violence peut être employée à l’encontre de n’importe quel PNJ, tout comme il est possible d’interagir paisiblement avec ces derniers. Le choix de l’approche étant intégralement laissé à la discrétion du joueur.

Interrogé par Motherboard, Shirrako, le YouTuber pointé du doigt pour ses vidéos controversées s’est défendu de vouloir faire passer un quelconque message politique. Il assure simplement avoir souhaité partager un « passage amusant » d’une partie initialement diffusée en direct.

« Je ne sais pas si c’est volontaire de la part de Rockstar, mais ce PNJ est plutôt agaçant. Quand vous voulez vous acheter des vêtements dans le jeu, vos échanges avec le propriétaire de la boutique sont sans cesse interrompus par les [slogans qu’elle clame]. Je voulais simplement faire les boutiques tranquille« , a-t-il expliqué, ajoutant ne pas souhaiter censurer les commentaires sexistes laissés au bas de sa vidéo. « Clairement, je ne suis pas d’accord avec les commentaires sexistes, mais je ne peux pas faire grand-chose contre. Je n’aime pas censurer l’opinion des gens, que je sois d’accord avec eux ou non« .

Notons que ce type de contenus, inutilement violents, a tendance à fleurir sur YouTube à chaque lancement d’un nouveau titre issu des studios de Rockstar. Régulièrement critiqué pour les actes perpétrés contre les femmes dans ses jeux, l’éditeur à l’étoile se verra, peut-être, contraint d’agir à l’avenir. Reste à savoir si brider l’ensemble des joueurs (en rendant, par exemple, d’autres catégories de PNJ intouchables) est une solution défendable pour contrer les excès de quelques uns.