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Reportage : Sony Bravia 3D

Pas de doute, après avoir envahi les salles obscures, la 3D semble bien décidée à investir notre salon. Souhaitant surfer sur le succès incontestable de James Cameron et de son Avatar (tourné en Sony), les constructeurs rivalisent d’ingéniosité pour imposer leur technologie au grand-public. Oui, et Sony n’est certainement pas le dernier puisque la FIFA a proposé à la firme de filmer 25 matchs de la Coupe du Monde en trois dimensions. Et le plus beau, c’est que j’ai assisté en personne aux derniers essais lors du match Monaco / Nancy.

La 3D, un véritable rêve éveillé

Respirez à fond. Détendez-vous. Ne pensez à rien. Laissez vagabonder votre esprit.

C’est l’été, il fait chaud et c’est sans doute la raison pour laquelle vous tenez fermement une bière dans votre main droite. D’un geste mécanique, vous remontez du bout de l’index la monture de vos lunettes actives. En face de vous trône un énorme Sony Bravia 3D série HX900. Machinalement, vous vous rappelez qu’il vous a coûté 3.000 € mais cette pensée fugitive disparaît très vite. Normal, Franck Ribéry vient tout juste de débuter une course folle. Il semble comme possédé par un étrange démon aux cheveux d’ange. Personne ne parvient à le bloquer, il s’approche du but adverse, tire un véritable boulet de canon et….

Et c’est le but ! La France vient de remporter la Coupe du Monde 2010. Au loin, on entend les sanglots de Gérard Castrie, directeur marketing de Carrefour. On ne pensait pas que c’était encore possible mais vous venez d’assister à un événement historique. Le tout en trois dimensions.

Repenser le tournage pour intégrer la 3D

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le tournage d’un match en trois dimensions obéit à un équilibre fragile. Pour ceux qui ont raté leurs cours de biologie, il faut savoir que la 3D stéréoscopique repose sur la superposition de deux images. C’est en effet grâce à nos deux yeux que nous pouvons percevoir la distance et la profondeur. Chaque oeil reçoit ainsi une image différente, superposée et interprétée ensuite par le cerveau.

Précisons tout-de-même que tout le monde ne peut profiter de la 3D. Selon des recherches récentes, il semblerait ainsi que 10% de la population mondiale soit incapable de l’interpréter correctement. En revanche, les épileptiques peuvent parfaitement regarder un film ou un événement télévisuel en trois dimensions sans craindre la moindre crise.

Pour filmer une scène de la vie courante comme un match en trois dimensions, on devra donc utiliser une caméra stéréoscopique (ce sont les HDC-1500 qui ont été utilisées pour le match). Composée de deux objectifs pouvant être soit perpendiculaires soit mis côte-à-côte, ces dernières doivent être placées judicieusement pour couvrir le plus de terrain possible. Et ce n’est pas chose facile, le réalisateur travaillant sur le match Monaco / Nancy nous a ainsi révélé que les équipes techniques avaient du procéder à tâtons pour trouver le meilleur emplacement des huit caméras couvrant le stade.

Il reste à évoquer la question du coût. Une caméra stéréoscopique coûte approximativement deux fois plus cher qu’une caméra traditionnelle. Voire même un peu plus. De la même manière  le tournage d’un match en trois dimensions exige plus de ressources sur le plan humain. Cela dit, un ingénieur de Sony nous a confié que la technologie n’est pas encore complètement mature et qu’il reste des éléments à automatiser.

Mais le véritable problème, c’est qu’il est impossible à l’heure actuelle de faire de la 2D à partir de scènes filmées en trois dimensions. Il est donc nécessaire de conserver deux productions distinctes, ce qui coûte excessivement cher.

Une puissance phénoménale pour le montage et la diffusion

Et ce n’est que le début. Car après, il est encore nécessaire d’assurer le montage et la retransmission du match. Le signal des caméras sera en effet directement renvoyé vers un car régie spécialement aménagé pour l’occasion. Un car qui s’impose finalement comme un écosystème complexe, divisé en plusieurs zones distinctes (montage, réalisation, son) et constitué d’une cinquantaine d’écrans et de consoles en tout genres. Le tout avec des dizaines de personnes qui se frôlent, une chaleur étouffante et de la fibre optique un peu partout. Autant dire qu’un car régie, c’est un peu un rêve éveillé pour tous les techniciens en herbe.

On notera d’ailleurs qu’un car régie 3D est nettement plus complexe qu’un car régie 2D. Ainsi, le tournage de scènes en trois dimensions a provoqué l’apparition d’un tout nouveau métier : le stéréographe. Son rôle est simple, il doit estimer le niveau de la 3D et s’assurer de la viabilité des plans filmés.

Mais pour calculer des scènes capturées en trois dimensions, on a surtout besoin de puissance. Et c’est là qu’intervient la 3D Box. Son rôle est essentiel puisque c’est elle qui corrige les défauts des scènes en trois dimensions et qui compense leur effet pour le rendu soit aussi naturel que possible. Et sous le capot, c’est presque sans surprise que l’on retrouve deux processeurs Cell. Oui, le même processeur que celui qui équipe la PlayStation 3, ce qui doit vous donner une brève idée de la puissance de cette dernière.

Le résultat : les Sony Bravia 3D

La présentation de Sony le soir même était plutôt complète. Deux téléviseurs Bravia avaient donc été installés pour l’occasion. Sur le premier tournait en boucle l’extrait d’un dessin animé en trois dimensions. Notons d’ailleurs qu’il était aussi possible de jouer à des démonstrations de jeux sur une PlayStation 3 installée pour l’occasion. Nous reviendrons d’ailleurs sur ce point un peu plus tard. Sur le deuxième téléviseur, en revanche, c’était le match Monaco / Nancy qui était mis à l’honneur. En 3D, bien évidemment.

Ni une, ni deux, nous nous sommes donc tous jetés sur les lunettes et nous avons ensuite pris place devant le téléviseur. Sans être un passionné de football, loin de là même, j’avoue avoir été agréablement surpris par le rendu du match. Notamment à la seconde mi-temps, lorsque la pluie a cessé de s’abattre sur le stade et que les cadreurs ont enfin pu se faire plaisir. Les sensations procurées par la 3D sont positivement déstabilisantes, on a l’impression d’être plongé dans le match en quelques secondes.

Un bilan plutôt positif, donc. Mais de mon point de vue, la véritable force de cette technologie se ressent surtout dans les films et dans les jeux vidéo. Geek par nature, je me suis très vite éloigné de la retransmission du match pour me rapprocher du premier téléviseur sur lequel était branchée une PlayStation 3. Trois jeux étaient disponibles : Motorstorm Pacific Rift, Wipeout HD et un troisième que nous n’avons pas eu le temps de tester.

Tout simplement bluffant. L’immersion du joueur est immédiate, surtout si l’on opte pour la vue à la première personne. J’avais de nombreux doutes quant au gameplay d’un jeu en trois dimensions et cette expérience m’a énormément rassuré. Aucun sentiment de malaise n’est à déplorer, le cerveau s’habitue tout-de-suite à l’arrivée de cette dimension supplémentaire et on se laisse vraiment très vite prendre au jeu.

J’avais également des doutes importants quant au confort des lunettes fournies. Là encore, j’ai été très surpris par la qualité des matériaux utilisés. Elles sont légères, tiennent parfaitement en place et il est même possible de conserver ses lunettes de vue. Notons d’ailleurs que les branches sont relativement épaisses et empêchent la lumière ambiante de passer. On se concentre donc uniquement sur la scène en trois dimensions qui se déroule devant nos yeux et rien que sur elle.

Et ensuite ?

Bien évidemment, cette technologie n’en est encore qu’à ses prémices et il faudra sans doute quelques années avant qu’elle ne se démocratise et qu’elle investisse notre salon. Car en effet, si les premiers Sony Bravia 3D devraient arriver courant juin, force est de constater que leur prix de vente ne s’adresse pas à tout le monde (les téléviseurs démarrent à 1.800€, les lecteurs Blu-Ray compatibles à 230€ et les lunettes actives à 130€).

La prochaine étape consiste à permettre au grand-public de créer des contenus en trois dimensions. Ce qui est déjà possible avec les NEX-5 et NEX-3 que Sony vient tout juste d’officialiser. Il sera donc bientôt possible de prendre des photographies mais aussi de tourner ses propres films en trois dimensions. Notons d’ailleurs que c’est déjà le cas sur certains appareils.

Remerciement : Je tiens à remercier le personnel de Sony pour son accueil, mais aussi Thibaut de l’agence Ogilvy, sans oublier Bernie du Public Système et CrashWawa pour son étude complète sur la 3D stéréoscopique.

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Fred

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