Retour sur la canicule de 1911

Durant l’été 1911, les Français ont connu la pire période de canicule jamais enregistrée dans l’histoire de l’Hexagone. Le 22 juillet de cette année, la température à Paris a augmenté de 7,6°C par rapport à la normale. Le 23 juillet, il faisait 40°C à l’ombre dans tous les recoins de la France. Une brève accalmie a marqué la fin du mois de juillet.

Toutefois, les pics de chaleurs sont revenus en mois d’août et semblaient interminables.

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Durant quatorze jours consécutifs, les températures à Paris n’ont pas baissé de 30°C. Au milieu du mois d’août, la canicule s’est de nouveau calmée. Toutefois, elle a resurgi au début du mois de septembre. Le 9 septembre 1911, les thermomètres parisiens indiquaient 35,6°C. La canicule s’est définitivement arrêtée au milieu du mois de septembre.

Les bouffées de chaleur insupportables ont envahi la France durant, au total, soixante-dix jours. Environ quarante mille Français n’y ont pas survécu. La plupart des victimes étaient des enfants en bas âge.

Les vagues de chaleur ont envahi d’autres pays européens

« Dans le onzième arrondissement, quarante à cinquante locataires sont obligés de passer leurs nuits sur le trottoir », avait écrit le Journal, le 14 août 1911, en commentaire en bas d’une photo de personnes se couchant à la belle étoile.

Gil Blas, un quotidien de l’époque, avait poétiquement qualifié la série caniculaire d’« encombrante, envahissante, indiscrète ». « Partout elle pénètre, elle s’insinue, elle se glisse, et sa présence pesante, alourdissante, migraineuse, se fait sentir, s’impose impérieusement. »

La France n’était pas la seule à être touchée par ces vagues de chaleur mortelles. Elles ont commencé par faire une dizaine de morts aux États-Unis. Elles se déferlaient ensuite dans toute l’Europe, touchant particulièrement la France, la Russie, l’Angleterre, la Belgique, les Pays-Bas, et la Suisse.

Une véritable crise de la mortalité infantile

Parmi les quarante mille morts, 29 000 étaient des petits enfants. La plupart des décès ont eu lieu à la suite de diarrhées (gastro-entérites). Cette épidémie s’accompagnait de la fièvre aphteuse qui touchait la qualité et la quantité de la production laitière. Par ailleurs, à cause des chaleurs extrêmes, les vaches laitières mangeaient trop de tourteaux, de pulpes et de betteraves pourris.

Or, à cette époque, de nombreuses mères ont abandonné l’allaitement au sein. Il en a été déduit que les nourrissons étaient contaminés par le lait du biberon qu’ils recevaient.

La canicule de 1911 est considérée comme l’une des plus longues de l’histoire. En outre, elle a été particulièrement perçue comme une véritable crise de la mortalité infantile.

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